mardi 14 décembre 2021

Quand le droit nous transforme...

 

Bonjour,

Je souhaitais mettre en ligne sur mon blog l'article et la vidéo que j'ai réalisé sur le droit et sa capacité à réformer la société. Il était important de rappeler la portée de cette discipline.

 Aussi, le moment de rendre hommage à Montesquieu qui a bien montré comment avec l'Esprit de la loi, la réflexion sur le droit dépasse l'homme, qu'il y a un rapport au chose indépendant qu'il nous faut comprendre pour l'exprimer et être en phase avec son temps.

C'était aussi un moment de reprendre la distinction entre le privé et le public, et comment la notion de "bien commun" est en train de supplanter l'idée "d'intérêt général".

L'article : "A quoi sert le droit s'il ne permet pas de nous défendre?"

"En rendant un droit chaotique, et contrairement à ce que nous pourrions penser à première vue, les populations, ne se sont pas détournées du droit, elles le sollicitent encore plus car, cette discipline est, bien avant un moyen de se défendre, un principe de vie en commun, de faire société et permettre un certain rééquilibrage des rapports entre les personnes, les sociétés ou les groupes. 

Le droit parle aussi de l'homme au-delà de lui-même dans le sens où, certes, il y a le droit voté par les hommes, plus ou moins juste et justifiable, mais il y a aussi la valeur des choses en elle-même. 

Un laissez-passé ne sera jamais égal à la liberté, quoiqu'on dise, qu'on vote ou qu'on écrive. 

La force du droit est précisément ici pouvoir transformer la société même contre les volontés étatiques. La réflexion juridique a toujours été indépendante et doit viser avant tout le bien commun."

Xavier Pérez
Dr. en droit et sciences de l'éducation

 

mardi 30 novembre 2021

Avant même le QR code, la première cause d'insécurité est l'acceptation de la carte sim

Tout le monde est focalisé en ce moment sur le QR code car, il crée un monde déshumanisant à juste titre, d'ailleurs dès l'origine inventé pour gérer les stocks et leur transport. Mais, bien avant le QR Code, notre première cause d'insécurité et d'inhumanité a été lorsque nous avons accepté, sans même le savoir, la carte sim que tout le monde, y compris les plus révolutionnaires, a accepté.

C'est elle qui nous rattache au monde, elle détient votre numéro de téléphone et permet de vous connecter à internet sur de nombreux sites vitaux (banque, énergie, boite mail...) où tout passe par internet ou le téléphone, la moindre opération doit être confirmée. L'absence ou le chaos de la carte sim, vous exclus du monde.

C'est avec elle que tout a commencé, et il y a une vraie inquiétude surtout au niveau des numéros de téléphone qui sont souvent le sésame pour entrer dans vos espaces ou payer vos factures car, un numéro de téléphone ne vous appartient pas, vous ne le possédez qu'autant que vous le payez. Cette possession est un vrai problème de droit puisque le passage pour accéder à vos droits est payant de fait, et peut vous être retiré ou fermé ; alors même qu'en droit immobilier, à titre d'exemple, le droit de passage est garanti et date du moyen-âge alors qu'il ne l'est pas en droit du numérique ou de la citoyenneté.

En terme simple, nous vivons dans un monde très fragile où tout dépend d'un numéro de téléphone, contenu et accessible par une carte sim. La moindre défaillance et c'est l'avarie.

Nous sommes aujourd'hui pieds et poings liés. Il faudra dans l'avenir soit devenir propriétaire de son numéro de téléphone ou sortir de ce système, que nous connaîtrons de toutes les façons, avec l'effondrement de la technique.

vendredi 26 novembre 2021

La sécession ou la théorie de la renonciation


Face aux attaques répétées du monde néolibéral contre les populations, la volonté est forte de vouloir faire sécession avec ce monde, de se dire qu'il est finalement mieux de construire en parallèle un monde dans lequel nous serions autonome et où nous n'aurions plus besoin du monde officiel. Si en théorie cette vue est plaisante, si en effet, certaines personnes l'appliquent ou tentent de l'appliquer, il demeure une question de fond : en quoi nous devrions refuser de vivre dans le monde simplement parce que certains cherchent à le rendre invivable? Ce monde-là n'est-il pas le notre aussi ?

Cette question me semble d'autant plus importante qu'au regard de l'histoire, les sécessions ont finalement souvent été l'objet de guerre car, à plus ou moins brève échéance, les deux mondes qui vivent en parallèle, finissent à une confrontation.

La raison en est malheureusement simple, le monde officiel veut toujours dominer et rattrape, souvent par la force et la violence, le monde parallèle ou alternatif qui est finalement une défiance à son autorité.

Dans l'absolu, en cherchant à éviter l'affrontement, on finit par le trouver. « On rencontre souvent son destin en voulant l'éviter ».

Il y a donc bien une volonté de théoriser la renonciation au monde dans l'idée de sécession, renonciation qui demande d'être expliquée et de nous rassurer sur notre décision de ne plus vouloir faire face à l'adversité.

Parce que oui, c'est difficile, oui cela fait souffrir, mais nous devons alors nous rappeler de l'histoire, de la grande histoire, et voir comment les résistants n'ont jamais renoncé, ils n'ont jamais cherché à faire sécession car, ils savaient au fond de leur cœur que le monde qu'on voulait leur imposé n'est pas le vrai monde, n'est pas légitime, que la légitimité était de leur côté, et que le temps allait leur donner raison.

C'est ce que nous appelions l'honneur et la grandeur, deux mots qui peuvent paraître dérisoire aujourd'hui, mais qui ont pourtant construit l'histoire.

N'oublions jamais qu’Éros triomphe toujours de Thanatos.

vendredi 5 novembre 2021

La société de jeu, de la métaphore à la réalité

Texte rédigé en 2004, mise en forme en 2021, à la fin de mon séjour au MNHM (Musée de l'homme) où j'étudiais les cultures du Grand Nord. Période riche sur tous les plans, et l'idée que le jeu, cette activité jugée insignifiante conservait en sa pratique les fondements d'une culture en train de mourir. 

Vient alors pour moi la question que se passe-t-il quand le jeu englobe l'ensemble d'une société comme l'a fait le libéralisme, quand nous disons que nous sommes tous des acteurs qui jouent des rôles, où est la limite, quelles échéances attendre d'une telle société?

<< VOIR LA SOCIÉTÉ DE JEU>>

Le vent a emporté ma parole, homo autocriticus

 

Lorsque nous comprenons que ce que nous avons créé va mourir avec nous, nous avons un tout autre regard sur ce qui nous entoure. Les heures deviennent des secondes et l’absurde même de toute cette recherche vient en nous, l’insignifiance de cette création aussi.

Le regard critique sur un monde qui devient insipide et qui attend un nouveau souffle qui ne pourra venir que lorsque l’ancien monde tombera. C’est alors comme une bête blessée, il se relève toujours, retardant toujours d’avantage la naissance de ce qui devrait suivre.

Il est assez étrange de voir tous ces échecs, tous ces projets qui n’ont pas pu aboutir, tout ce que nous croyions avoir et qui à la dernière minute s’envole, sans que nous ne puissions rien y faire. La culpabilité tombe sur nous, et tout ce que nous entendons nous y ramène, y compris ceux qui en apparence disent être bien veillant, les chamans de l’individualisme, « soyez l’acteur de votre existence », jeu que l’on nous demande de jouer, mais face à la réalité, cela fait bien longtemps que cherchant simplement à être moi-même se développe l’antithèse de l’acteur. Non, nous ne sommes pas des acteurs, et c’est à force de nous le faire croire que perdu en nous-mêmes, nous cherchons des vérités qui n’y sont pas.

Les échecs de ses années me ramènent à mes propres critiques, aux sourires hypocrites et les croyances toujours affligeantes de ses formations qui confondent simulation et réalité, décidément tout nous ramène à l’acteur et au jeu, mais un bon acteur n’a jamais été un bon professionnel, deux dimensions tellement différentes que j’ai encore du mal à comprendre comment nous pussions y déverser l’argent public pour financer ce simulacre.

Les dessins, les peintures, les images inventées, les histoires, les scenarios, les écrits et toutes ces heures passées à lire, prendre des notes, devenir le spécialiste d’une dimension qui visiblement n’intéresse personne car, nous ne visons pas la célébrité, non, juste de pouvoir continuer à connaître et à avoir un lieu pour partager cette connaissance, mais visiblement c’est trop, les réseaux ayant pris le pas sur le savoir, le concours sur la compétence, et nous dans les limbes de notre espoir, l’avenir se ferme et nous savons que notre œuvre va mourir avec nous.

Pourtant, cet œuvre, lorsque nous voyons l’actualité, lorsque nous voyons les évolutions de notre époque aurait trouvé sa place sans difficulté, elle va finalement rejoindre les oubliettes et disparaitre quand le papier qui compose son support disparaîtra. Je ne sais pas pourquoi cela n’a pas vu jour, je ne sais pas pourquoi les chemins ne se sont pas ouverts, l’espoir me quitte, et je continue malgré tout, perdu en moi, étranger à ma propre patrie, je repense incrédule que les seules qui m’ont fait confiance son des étrangers, les seules qui m’ont permis de rester debout dans mon propre pays, leur vouant ma reconnaissance pour l’éternité.

Le vent a pris ma parole, les mots s’envolent, et la croyance qu’un discours pouvait changer le monde avec lui, l’idée naïve, à force d’écouter et lire les tribuns, que de simples mots prononcés avec conviction et don de soi pouvait changer le monde. Si cela fut vrai un temps, il en est plus rien aujourd’hui à l’heure d’internet, où tous les discours se valent, où le « succès » du matin est différent le soir même.

J’ai beau regardé, il ne me reste dans l'absolu presque plus rien, juste l'essentiel et l'amour des miens, le vent a beaucoup pris, même les derniers espoirs s’envolent avec lui. L’échéance est malheureusement connue, elle arrive, elle est là.

Comme une poésie, je me souviens alors de ce texte « la société de jeu » que j’avais écrit et où j’avais indiqué cette différence entre société de jeu et société du jeu, binarité non absolue, mais relative, elle avait surtout une existence explicative.

Ecrivant ceci et préfigurant bien de mes recherches futures, nous étions alors en 2004 :

« (…) la société de jeu se distingue de la société du jeu où jeu et quotidien sont séparés. Dans ce dernier, la mesure est dans le quotidien et la démesure dans les jeux. Elle ne cherche pas l’émulation perpétuelle et éternelle. Si la société de jeu est une société de survie alors qu’elle a pour vocation de créer l’abondance (la profusion des richesses), c’est précisément parce que cette abondance est fragile, elle se base sur une émulation continue, sans repos possible; ayant pour fin elle-même et excluant tout ce qui empêche cette croissance. Sa survie dépend de l’émulation.

Il en est bien différemment de la société du jeu où son vécu s’ancre dans le quotidien et où la personne se doit d’avoir des liens et un visage. Le jeu est ici une stimulation occasionnelle, il ne domine pas et se structure avec tous les autres éléments d’une société, cette dernière n’est pas fragmentaire.

C’est exact qu’une société du jeu crée moins de concentration de richesse qu’une société de jeu, qu’elle est moins abondante en surplus et moins prolifique en ajout et se base plus sur la répartition des richesses, mais il est vrai aussi qu’elle est moins fragile, elle ne fonde pas son vécu sur la fragilité d’une émulation perpétuelle (croissance). La société du jeu est moins obnubilée par l’accumulation et la concentration de richesses. C’est pour cela qu’elle est plus stable (plus équilibré entre ces différentes composantes) alors que la société de jeu désir la richesse et en perd beaucoup car, elle ne la redistribue pas. »

Je vois ainsi tout le piège de la critique aujourd’hui, celle de nous laisser sur place, espérant secrètement à la façon d’un Senancour ne rien savoir du tout et aller insouciant, devant subir chaque jour un peu plus l’absurdité d’un monde qui a défaut d’accepter la réalité, joue à la façon d’un acteur, une pièce de plus en plus incompréhensible.

Et bien contrairement à ce qui puisse être dit, bien plus cohérent et logique dans ma démarche, je constate simplement la voie sans issue qui devra se fissurer...

 


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samedi 23 octobre 2021

La vérité triomphera toujours de la force

C'est exact sur le moment de voir le mensonge l'emporter à de quoi nous désespérer. Nous pouvons avoir cette impression désagréable que rien ne change et que le malheur d'hier sera le malheur de demain. Nous pouvons le comprendre à un détail près, c'est que le mensonge s'impose toujours par la force, et la force s'épuise, se lasse, se relâche et définitivement tombe.

La vérité, à ceci de bien, qu'elle n'a pas besoin de faire d'effort, pas besoin d'inventer, de détourner les arguments, elle s'impose, malgré les rires et les moqueries.

Certes, il est facile de rire de celui qui s'insurge, qui possède encore cette dignité qui lui permet de refuser l'inacceptable, de défendre la liberté, celle qui permet de vivre. Alors, je vous entends déjà ici, mais qu'est-ce la vérité ? En a-t-il une ou plusieurs ? Et le mensonge ?

Je crois qu'il y a une grande différence entre celui qui dit une information en sachant éperdument que ce qu'il dit est faux et celui qui pense que ce qu'il dit est vrai.

Or, notre époque ce caractérise par le mensonge ériger en système de gouvernement, qu'importe si nous ne sommes pas en adéquation avec nos valeurs tant que le mensonge nous ferait gagner. C'est alors que nous nous croyons bien malin, oui « malin », le mot est lancé.

J'ai encore en souvenir les conseils de cet ami, qui tout juste s'il ne me disputait pas, pour que je me rapproche de personnes loin de mes convictions, mais qui pour lui, auraient été de véritables atout pour mon avenir. A tord ou à raison, je n'ai jamais accompli ce pas.

Car, je sais au plus profond de moi, que celui qui ne c'est pas compromis, qui a malgré les souffrances, les railleries continuées à dire une vérité, celle qu'il ne faut pas prononcer à cause de la censure, celle que l'on veut faire taire, et ai-je besoin de donner des exemples en notre époque, verra un jour la lumière, et alors que tous les moqueurs baisseront la tête, lui pourra être fier. Sauf, que ce n'est pas tant pour la fierté que la vérité doit être dite, mais c'est pour l'avenir.

Texte, je l'avoue d'inspiration pascalienne, qui ne peut que faire écho aux temps présent, c'est pourquoi, bien plus que le temps, c'est nous qui nous en allons, doucement, dans le silence de la vérité qui fait plier la force, cette force qui comme un homme est puissante jeune et faible vieille, alors que la vérité, toujours égale à elle même, n'a que faire du temps, et éclos dès les premiers rayons de soleil.

mardi 12 octobre 2021

Le tirage au sort : une idée à double tranchant

 

A force de s’être écarté du peuple, les politiques à la recherche de suffrages, vont forcément chercher « à faire peuple » et « à faire sympa », passant en revue toutes les bonnes fausses idées tant que celles-ci nous donnent l’impression qu’ils cèdent le pouvoir au peuple. 

Il en va ainsi du « tirage au sort » que je soumets à cette réflexion simple sur nos institutions et leurs mutations afin que nous ne transformions pas un absolutisme en un autre absolutisme, mais que nous cherchions l’équilibre nécessaire à toute chose.  

La nature profonde des institutions de la Ve République basée sur une différence entre le temps présidentiel et le temps législatif, basée aussi sur une distinction entre un chef de gouvernement qui dirige l’administration et un Président qui devait garantir les institutions a faussé cette base dès le moment où avec le quinquennat, le temps présidentiel et le temps législatif ont été alignés et sont devenus identiques puisqu’il n’y a plus de différence, le chef du gouvernement devient de fait le Président, et il se pose alors la question de qui peut garantir ces mêmes institutions puisque le Président est devenu « juge et partie » ?

Nous avons donc par l’expérience même changé de régime en passant d’un pouvoir d’arbitrage à un pouvoir d’exécution directe. De fait, il n’est pas abusif de dire que nous sommes déjà en une VIe République dans le sens où la nature du régime a changé.

Cette observation est fondamentale car, nous ne parlons plus de la Ve République, mais d’une « VIe sans nom », et ceci est crucial puisqu’il est important de nommer ce que l’on souhaite changer.

Sinon, nous arrivons comme c’est le cas aujourd’hui, à des quantités d’idées de réformes, souvent bien attentionnées, mais qui posent des questions de fond importantes.

Par exemple, de nombreuses réformes évoquent l’instauration d’assemblées tirées au sort, ce qui en terme de démocratie et de symbole d’égalité peut apparaître comme le mieux, et dans l’absolu pourrait avoir ma préférence, à ceci près que de telles assemblées signifient que toute personne pourrait y être appelée autant celles qui le souhaitent que celles qui ne souhaitent pas. 

La question se pose alors de savoir que se passe-t-il si des personnes refusent d’y participer car, ils refuseraient au final le fondement même du régime dans lequel ils sont ? Que se passe-t-il si un grand nombre refuse ? Faudra-t-il les contraindre ? Les inciter ? Dans ce cas-là, peut-il exister une démocratie obligatoire ? Est-ce paradoxal ? Et dans le cas contraire, comment déciderons-nous de qui gère ce système ? 

Car, nous avons déjà l’expérience des cours d’assise, et le moins que l’on peut dire, demeure que l’encadrement et la personnalité du Président de la cours est primordial. Nous savons aussi que seule une excuse de santé ou d’urgence est recevable pour s’y soustraire. 

C’est pourquoi, nous allons voir, en nous posant, et en comprenant le profond changement qui travaille notre époque, que la représentation peut avoir des atouts si elle est accessible, encadrée et contrôlée, et si elle se complète autant que c’est possible de l’expression directe de tous, sorte de gestion partagée.

Le grand évènement qui frappe notre époque n’est pas politique, il est issu d’un long processus qui s’étend sur des centaines d’années. C’est le passage du temps la « modernité » au temps du « présent ». 

lundi 11 octobre 2021

L'absolutisme et la fin de la continuité du droit

Nous vivons actuellement la fin d'une époque qui se caractérise pour un temps comme la fin de la continuité du droit. 

Celui-ci reviendra, mais forcé de constater comment dans cette période trouble le droit est malmené, les principes élémentaires des droits fondamentaux ne sont plus respectés, on peut sans autre forme de procès, nous confiner ou nous masquer, et finalement, il n'y a plus que la pression économique qui semble en capacité de protéger le citoyen lambda. 

La continuité du service public qui était un sacro-saint et qui définissait ce dernier a lui aussi volé en éclat, les écoles ferment, la continuité pédagogique est aléatoire, tant qu'aux hôpitaux leur accès a été conditionné, et l'accès à certains transports aussi. 

Pourtant, la continuité était un principe d'importance en droit, il permettait à une certaine cohérence dans le traitement de chacun, à une jurisprudence, à une forme d'égalité. 

Sauf, que maintenant, au titre d'un absolutisme de la décision politique, cette continuité est jetée en éclat et nous n'avons plus que nos yeux pour pleurer. 

Mais, ne nous y trompons pas, quelque soit l'absolutisme, c'est toujours le même mécanisme.

 Qu'il vienne en effet d'un héritier de droit divin, d'une personne seule, président ou autre, homme ou femme, qu'il vienne d'un peuple, l'absolutisme de la décision, dans sa souveraineté, peut directement malmené la continuité du droit. 

Alors, suivant les obédiences, nous serons pour tel ou tel absolutisme, mais si, simplement, c'était l'absolutisme en lui-même qui pose de sacrés questions, celles notamment d'être finalement les jouets d'une décision, comme si la liberté élémentaire de pouvoir décider de son destin dérangeait formellement. 

La paix sera certainement à ce prix, savoir concilier la continuité du droit, des principes fondamentaux de défenses et d'humanité et les décisions nécessaires, certes, mais en aucun cas irréversibles. L'absolutisme ne craint que les contre-pouvoirs, et le droit devrait en rester un.

Écrans et devoirs, Incohérence et inégalité élevées en savoir faire

 

Voilà un sujet qu'il est important en ces temps d'écologie mondaine à relever tellement il est vrai qu'il impose des incohérences manifestes. Je parle évidemment de la politique sur les écrans en lien avec l'éducation. 

D'un côté, et cette fois à juste titre, les pouvoirs publics, alertent contre l'utilisation immodérée des écrans qui ont un impact négatif sur le développement neuronal de nos jeunes. Ces derniers seraient exposés en moyen plus de 4 à 6 heures à des écrans par jour, entre les téléphones, les jeux vidéos, les films et autres émissions à la télévision. A ceci, nous pourrions rajouter tous les écrans diffusés ici et là dans les villes. Il est donc légitime que nos chers pouvoirs publics alertent sur le sujet. Nous avons même vu sur le sujet un reportage d'Arté largement regardé.

Et pourtant, l'école se dirige de plus en plus vers un enseignement numérique, c'est-à-dire rajouter des écrans aux écrans, une contradiction avec les préoccupations de santé publique.

L'incohérence est en plus financer à grand coup de budget dès les collèges par les Départements, qui s'en glorifient et se vantent d'un ordinateur par élève et de la mise en place d'un logiciel « pronote » qui tient par une laisse numérique chaque élève. 

L'école ne se termine plus. Elle est présente à chaque minute dans le quotidien de l'élève, à un point tel qu'il n'est pas rare de voir des élèves abandonner leur sport extra-scolaire pour réussir à faire toutes les tâches qui leurs sont demandées. Ceci peut aller jusqu'à rajouter des devoirs le soir à « l'improvisade » via Internet et le fameux logiciel. Des enfants qui commencent leur journée à 8h et souvent la termine à 17h, dont les cartables sont souvent aussi volumineux qu'eux-mêmes, se retrouvent le soir avec d'autres devoirs tout aussi volumineux. 

Sans compter bien évidemment, qu'en cette période d'économie d'énergie, cette politique du tout informatique est une aberration. 

Sans compter, que face aux pénuries de matière première, nous entrons dans une logique sclérosante et handicapante pour l'apprentissage scolaire. 

La politique du tout informatique et des devoirs systématiques du soir demeurent une élévation des inégalités criantes. 

D'abord, celle de l'argent, il y a ceux qui peuvent payer et ceux qui ne peuvent pas, ceux dont l'enfant a son propre ordinateur et ceux qui ne doivent compter que sur l'ordinateur familial, et ceux qui n'en ont pas bien évidemment. Mais, l'inégalité ne s'arrête pas là, puisque qui dit devoirs, dit possibilité de les faire. 

Là aussi, il y aura les élèves qui peuvent être aidés et les autres, tous les autres, ceux qui auront les moyens de payer des soutiens scolaires, et ceux qui abandonneront, il y a aussi ceux qui craquent, qui font le burn out ; mais, dont nous n'avons pas le droit de parler. 

Il est temps de couper avec ces évolutions de l'éducation pour enfin se donner les moyens d'avoir à nouveau la liberté et l'égalité comme idéal, enfin si, je l'espère, nous ne les avons pas oubliés.