mardi 12 octobre 2021

Le tirage au sort : une idée à double tranchant

 

A force de s’être écarté du peuple, les politiques à la recherche de suffrages, vont forcément chercher « à faire peuple » et « à faire sympa », passant en revue toutes les bonnes fausses idées tant que celles-ci nous donnent l’impression qu’ils cèdent le pouvoir au peuple. 

Il en va ainsi du « tirage au sort » que je soumets à cette réflexion simple sur nos institutions et leurs mutations afin que nous ne transformions pas un absolutisme en un autre absolutisme, mais que nous cherchions cherchant l’équilibre nécessaire à toute chose. Voilà l’extrait issu de mon texte la Refondation :

<< […] la nature profonde des institutions de la Ve République basée sur une différence entre le temps présidentiel et le temps législatif, basée aussi sur une distinction entre un chef de gouvernement qui dirige l’administration et un Président qui devait garantir les institutions a faussé cette base dès le moment où avec le quinquennat, le temps présidentiel et le temps législatif ont été alignés et sont devenus identiques puisqu’il n’y a plus de différence, le chef du gouvernement devient de fait le Président, et il se pose alors la question de qui peut garantir ces mêmes institutions puisque le Président est devenu « juge et parti » ?

Nous avons donc par l’expérience même changé de régime en passant d’un pouvoir d’arbitrage à un pouvoir d’exécution directe. De fait, il n’est pas abusif de dire que nous sommes déjà en une VIe République dans le sens où la nature du régime a changé.

Cette observation est fondamentale car, nous ne parlons plus de la Ve République, mais d’une « VIe sans nom », et ceci est crucial puisqu’il est important de nommer ce que l’on souhaite changer.

Sinon, nous arrivons comme c’est le cas aujourd’hui, à des quantités d’idées de réformes, souvent bien attentionnées, mais qui posent des questions de fond importantes.

Par exemple, de nombreuses réformes évoquent l’instauration d’assemblées tirées au sort, ce qui en terme de démocratie et de symbole d’égalité peut apparaître comme le mieux, et dans l’absolu pourrait avoir ma préférence, à ceci près que de telles assemblées signifient que toute personne pourrait y être appelée autant celles qui le souhaitent que celles qui ne souhaitent pas. La question se pose alors de savoir que se passe-t-il si des personnes refusent d’y participer car, ils refuseraient au final le fondement même du régime dans lequel ils sont ? Que se passe-t-il si un grand nombre refuse ? Faudra-t-il les contraindre ? Les inciter ? Dans ce cas-là, peut-il exister une démocratie obligatoire ? Est-ce paradoxal ? Et dans le cas contraire, comment déciderons-nous de qui gère ce système ? Car, nous avons déjà l’expérience des cours d’assise, et le moins que l’on peut dire, demeure que l’encadrement et la personnalité du Président de la cours est primordial. Nous savons aussi que seule une excuse de santé ou d’urgence est recevable pour s’y soustraire. C’est pourquoi, nous allons voir, en nous posant, et en comprenant le profond changement qui travaille notre époque, que la représentation peut avoir des atouts si elle est accessible, encadrée et contrôlée, et si elle se complète autant que c’est possible de l’expression directe de tous, sorte de gestion partagée.

Le grand évènement qui frappe notre époque n’est pas politique, il est issu d’un long processus qui s’étend sur des centaines d’années. […] >> C’est le passage du temps la « modernité » au temps du « présent ». 


 

 

<< Voir le texte dans son intégralité >>

lundi 11 octobre 2021

L'absolutisme et la fin de la continuité du droit

Nous vivons actuellement la fin d'une époque qui se caractérise pour un temps comme la fin de la continuité du droit. 

Celui-ci reviendra, mais forcé de constater comment dans cette période trouble le droit est malmené, les principes élémentaires des droits fondamentaux ne sont plus respectés, on peut sans autre forme de procès, nous confiner ou nous masquer, et finalement, il n'y a plus que la pression économique qui semble en capacité de protéger le citoyen lambda. 

La continuité du service public qui était un sacro-saint et qui définissait ce dernier a lui aussi volé en éclat, les écoles ferment, la continuité pédagogique est aléatoire, tant qu'aux hôpitaux leur accès a été conditionné, et l'accès à certains transports aussi. 

Pourtant, la continuité était un principe d'importance en droit, il permettait à une certaine cohérence dans le traitement de chacun, à une jurisprudence, à une forme d'égalité. 

Sauf, que maintenant, au titre d'un absolutisme de la décision politique, cette continuité est jetée en éclat et nous n'avons plus que nos yeux pour pleurer. 

Mais, ne nous y trompons pas, quelque soit l'absolutisme, c'est toujours le même mécanisme.

 Qu'il vienne en effet d'un héritier de droit divin, d'une personne seule, président ou autre, homme ou femme, qu'il vienne d'un peuple, l'absolutisme de la décision, dans sa souveraineté, peut directement malmené la continuité du droit. 

Alors, suivant les obédiences, nous serons pour tel ou tel absolutisme, mais si, simplement, c'était l'absolutisme en lui-même qui pose de sacrés questions, celles notamment d'être finalement les jouets d'une décision, comme si la liberté élémentaire de pouvoir décider de son destin dérangeait formellement. 

La paix sera certainement à ce prix, savoir concilier la continuité du droit, des principes fondamentaux de défenses et d'humanité et les décisions nécessaires, certes, mais en aucun cas irréversibles. L'absolutisme ne craint que les contre-pouvoirs, et le droit devrait en rester un.

Écrans et devoirs, Incohérence et inégalité élevées en savoir faire

 

Voilà un sujet qu'il est important en ces temps d'écologie mondaine à relever tellement il est vrai qu'il impose des incohérences manifestes. Je parle évidemment de la politique sur les écrans en lien avec l'éducation. 

D'un côté, et cette fois à juste titre, les pouvoirs publics, alertent contre l'utilisation immodérée des écrans qui ont un impact négatif sur le développement neuronal de nos jeunes. Ces derniers seraient exposés en moyen plus de 4 à 6 heures à des écrans par jour, entre les téléphones, les jeux vidéos, les films et autres émissions à la télévision. A ceci, nous pourrions rajouter tous les écrans diffusés ici et là dans les villes. Il est donc légitime que nos chers pouvoirs publics alertent sur le sujet. Nous avons même vu sur le sujet un reportage d'Arté largement regardé.

Et pourtant, l'école se dirige de plus en plus vers un enseignement numérique, c'est-à-dire rajouter des écrans aux écrans, une contradiction avec les préoccupations de santé publique.

L'incohérence est en plus financer à grand coup de budget dès les collèges par les Départements, qui s'en glorifient et se vantent d'un ordinateur par élève et de la mise en place d'un logiciel « pronote » qui tient par une laisse numérique chaque élève. 

L'école ne se termine plus. Elle est présente à chaque minute dans le quotidien de l'élève, à un point tel qu'il n'est pas rare de voir des élèves abandonner leur sport extra-scolaire pour réussir à faire toutes les tâches qui leurs sont demandées. Ceci peut aller jusqu'à rajouter des devoirs le soir à « l'improvisade » via Internet et le fameux logiciel. Des enfants qui commencent leur journée à 8h et souvent la termine à 17h, dont les cartables sont souvent aussi volumineux qu'eux-mêmes, se retrouvent le soir avec d'autres devoirs tout aussi volumineux. 

Sans compter bien évidemment, qu'en cette période d'économie d'énergie, cette politique du tout informatique est une aberration. 

Sans compter, que face aux pénuries de matière première, nous entrons dans une logique sclérosante et handicapante pour l'apprentissage scolaire. 

La politique du tout informatique et des devoirs systématiques du soir demeurent une élévation des inégalités criantes. 

D'abord, celle de l'argent, il y a ceux qui peuvent payer et ceux qui ne peuvent pas, ceux dont l'enfant a son propre ordinateur et ceux qui ne doivent compter que sur l'ordinateur familial, et ceux qui n'en ont pas bien évidemment. Mais, l'inégalité ne s'arrête pas là, puisque qui dit devoirs, dit possibilité de les faire. 

Là aussi, il y aura les élèves qui peuvent être aidés et les autres, tous les autres, ceux qui auront les moyens de payer des soutiens scolaires, et ceux qui abandonneront, il y a aussi ceux qui craquent, qui font le burn out ; mais, dont nous n'avons pas le droit de parler. 

Il est temps de couper avec ces évolutions de l'éducation pour enfin se donner les moyens d'avoir à nouveau la liberté et l'égalité comme idéal, enfin si, je l'espère, nous ne les avons pas oubliés.

dimanche 12 septembre 2021

Notre époque nous appelle à la Refondation

" Ce texte a pour vocation de présenter ma conférence « La Refondation, équilibre et liberté » dont l’objectif est de montrer en quoi nos institutions doivent s’adapter aux mutations de notre époque ainsi que réparer leur déséquilibre originel. En ce sens, il ne sera pas excessif de parler de changement de régime politique, régime qui avait de fait changé en 2000 avec l’adoption du quinquennat appliqué à l’élection présidentielle, en alignant le temps législatif et exécutif, et changeant de fait la nature du régime. Les deux expressions qui sous-tendent ma réflexion sont : « l’équilibre » et la « liberté ». 

Elles seront placées au centre de mon propos tellement il est vrai que la Constitution de la cinquième République est fortement déséquilibrée. En effet, ce qui nous pousse à écrire cette conférence est précisément les atteintes à la liberté que nous avons subi d’une façon accélérée en 2020 et 2021. 

Ce non-respect du droit et des valeurs, pourtant inscrites dans nos textes fondamentaux, nous a montré que les principes ne vivent qu’aussi longtemps que des hommes veulent les faire vivre, et qu’il est en définitif assez aisé de les trahir et d’en trouver des excuses. Tout ceci a montré aussi l’importance des contre-pouvoirs et la possibilité d’être jugé par d’autres de notre comportement, l’importance aussi de la présence d’un peuple trop longtemps absent du quotidien de ces institutions. 

L’équilibre et la liberté s’évoque avant tout à travers des auteurs, quatre que nous allons citer rapidement pour bien comprendre que ce que nous disons n’est pas né aujourd’hui, ni même de moi-même, bien d’autres avant nous en avaient discuté. 

Sur le déséquilibre et la confusion du pouvoir de faire la loi et de celle de l’appliquer, Montesquieu écrivait dans son fameux ouvrage de « L’esprit des Lois » au livre XI, chapitre 6 : « Lorsque, dans la même personne ou dans le même corps de magistrature, la puissance législative est réunie à la puissance exécutrice, il n’y a point de liberté; parce qu’on peut craindre que le même monarque ou le même sénat ne fasse des lois tyranniques, pour les exécuter tyranniquement. » Montesquieu avait déjà compris le problème d’un déséquilibre qui ferait d’une Assemblée une chambre d’enregistrement des désirs des gouvernants, la tendance qu’il pressent lui paraît naturelle, et c’est en effet elle qui se manifestera avec le quinquennat, un pouvoir qui durant cinq ans n’a plus de crainte de la pression de la rue puisqu’un chèque en blanc lui a été accordé. Nous avons pu voir comment malgré ce déficit de démocratie toutes les institutions et toutes les administrations ont largement favorisé l’application des vues des gouvernants dans leur volonté de contraindre et de tenir la population."....  [VOIR LA SUITE DU TEXTE LA REFONDATION]


 

[VOIR LE PDF SUR LA REFONDATION]


lundi 26 juillet 2021

Le fait et la réalité

Une attitude m'a profondément marqué en notre époque, c'est la façon dont nous nions les faits, la preuve et la réalité.
 

C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il existe un mouvement scientifique qui remettaient en avant l'idée simple, et que nous aurions pu croire acquise, de la « science par la preuve ». Car, souvent nous mélangeons réalité et vérité ; un fait est souvent unique alors que son interprétation qui nous a amené à une vérité peut être multiple. L'enjeu de la science n'est pas tant la vérité que la réalité ; or, c'est cette dernière qui est niée.

Comment alors dégager des interprétations vraies si la base est niée et faussée ?

La négation de la réalité est constatable dans toutes les disciplines ; en santé avec le refus d'utiliser des médicaments qui fonctionnent et alors même que leur posologie et leurs effets secondaires sont largement connus depuis plus de cinquante ans ; en écologie, où le dogme militant finit par faire construire des usines à gaz pour produire de l'électricité ; en économie, en vivant sur une dette que l'on croit infinie ; en physique, à la recherche de la pierre philosophale énergétique pour remplacer un pétrole finissant, en niant simplement notre dépendance de la matière et notre impossibilité de créer de la richesse autrement qu'en exploitant les ressources terrestres épuisables.

Les sujets sont nombreux et nous ramènent à la même problématique : nous sommes dans un monde où nous devons prouver que l'eau mouille, à un point tel qu'on peut être aujourd'hui mis en danger quand on est scientifique et que l'on veut simplement décrire la réalité, parler des preuves... mais comme dit le vieil adage : chasser la nature, elle revient au galop... personne n'échappe à la réalité et surtout pas celui qui la refuse. 

 

Multiple et indivisible

Une République qui se déclare une est forcément divisible, et c'est d'ailleurs à ce que nous assistons puisque ce qui est un est cassable alors que, contrairement à ce que l'on pense à première vue, ce que l'on déclare multiple est de fait indivisible puisque les cassures sont déjà intégrées, elles ont déjà eu lieu et pourtant l'unité globale a été conservée.

Face à la division culturelle de notre pays, la République a décidé de se déclarer une, sauf que malgré elle, les réalités culturelles persistes. Nous assistons notamment aujourd'hui à des divisions administratives artificielles qui font l'objet d'une décentralisation pour acquérir une identité locale, mais ces divisions ne restent pas moins, pour la plus part, artificielles. 

Quand on pense au « Périgord » que nous avons baptisé pour une grande partie « Dordogne », nom du fleuve ; au « Pyrénées Atlantiques  » qui regroupe le Pays-Basque et une partie du Béarn, Nantes enlevé à la Bretagne, on perçoit que ces division pourtant datant de la Révolution n'ont toujours pas enlevé les anciennes dénomminations.

Au final, à titre d'identité, nous avons des départements qui portent des noms de fleuves. Nous pouvons aussi citer le « Lot-et-Garonne », la « Loire », les « pays de Loire », la « Seine », « Rhône Alpes » (ou de montagne)...qui a profondément déstructuré le pays où les territoires, sans pour autant supprimer les appartenances ancestrales comme, à titre d'illustration, le « Vercors », la « Camargue », l' « Alsace ». Loin d'être oubliées, ces identités perdurent malgré tout et redeviendront tôt ou tard la seule et véritable division administrative territoriale d'une terre humaine en lieu et place des départements et régions avec leur découpage arbitraire. 

Régions, dont les noms sont devenus tragi-comiques, "Haut de France", "Nouvelle Aquitaine" (jusqu'à quand sera-t-elle nouvelle?), "Grand Est", marque une déstructuration garantie dont l'abstention record aux élections en est un triste révélateur. 

La division territoriale est essentielle car, elle marque l'attachement de tous à son territoire et de tous les territoires à la France, à ce pacte qui nous fait vivre ensemble, non dans la contrainte, mais dans un projet commun qui a pour base la liberté et l'égalité, la possibilité de gérer notre terre directement et d'être protégé contre les pressions d'un monde économique puissant, le pacte de gérer par nous même notre territoire « multiple et indivisible », la reconnaissance de cette diversité est la condition de notre unité.

La Nature et la Nation

Voilà un sujet, l'environnement, qui fait aujourd'hui couler beaucoup d'encre entre ceux qui en ont fait leur propriété et les autres qui le rejettent tout bonnement. Mais, disons le d'un trait, ces deux attitudes envers la Nature sont les deux phases d'une même réalité. Cette réalité d'une économie de marché bicéphale qui se fissure de toute part aujourd'hui continue de s'affronter pour un dernier round sur le champ de la nature, que l'on appelle indifféremment ces derniers temps « environnement », « écologie », « climat » sans établir réellement de distinction entre tous ces termes. 

Nous nous apercevons bien que l'environnement est devenu bien plus un argumentaire politique (ou de business) qu'une réalité par ceux-là mêmes qui le promulguent. Il est intéressant de noter comment les uns comme les autres véhicules l'environnement par la contrainte, les taxes, les règles et autres interdictions pour les uns, dénonciation pour les autres. Dans les deux attitudes, il y a une même victime, la Terre car, les uns comme les autres ne veulent pas voir une réalité qui s'impose à nous, la matière n'est pas infinie, la Terre s'épuise et notre modèle économique actuel en dépend en totalité. 

Avec la technologie verte, c'est bien ce monde qui veut fermer les yeux sur cette réalité et accélère sa dégradation. Car, contrairement à ce que nous pensons couramment, c'est bien l'homme qui a besoin de la nature, même si nous rêvons d'en modifier les règles, alors que c'est plutôt nos lois économiques que l'on devrait changer. Il n'y a pas d'opposition entre Nature et Nation car, la réalité qui nous arrive s'impose à tout le monde d'une façon identique.

La question de la nature, c'est celle de la matière qui va appeler à gérer les territoires à un niveau culturel cohérent, une nouvelle division territoriale, moins grande, soucieux de l'histoire de ces territoires, qui ne correspond absolument pas aux divisions actuelles. 

Si la Nation veut survivre, elle devra redevenir le point d'unité d'une multitude de territoires qui auront en commun la volonté d'agir ensemble, et seule la libre entente, et le niveau d'authenticité démocratique le prouve : une sorte de république des provinces unies, permettant à chaque territoire d'avoir l'unité culturelle suffisante pour gérer concrètement l'environnement. 

C'est pourquoi, il n'y a jamais d'opposition Nature / Nation car, nous parlons de deux niveaux différents qui se réunissent par l'action impulsée au niveau local.

samedi 24 juillet 2021

Liberté et spiritualité

 "Christ nous a placé dans la liberté en nous affranchissant;
demeurez donc fermes" (Galates 5.1)

" Là où est l'Esprit Saint du Seigneur, il y a la liberté" (2 Corintiens 3.17)

jeudi 24 juin 2021

Quand l'idée de « progrès » laisse la place à l'idée du « moment présent »

Nous ne vivons plus la fin d'une époque, nous avons changé d'époque et ce détail fait toute la différence aujourd'hui car, ce qui pouvait être une réalité future est actuelle, sauf qu'il y a un bémol. Si en effet, les populations ont changé d'époque, ont tourné la page de l'histoire, ont clos un chapitre, nos structures, nos administrations, nos économies, nos dirigeants sont restés bloqués dans l'ancienne époque, créant une impossibilité de communiquer entre deux mondes étrangers l'un à l'autre, l'un qui disparaît inexorablement, et l'autre qui est déjà et va s'imposer quoiqu'il en soit. Mais que sont-ils ?

Personnellement, je l'ai résumé dans une conférence que j'ai nommé « Terre naissante, L'histoire d'une humanité qui veut continuer à vivre libre... », titre évocateur puisque précisément, cette fin d'époque est celle d'un très long processus qui a démarré bien avant notre siècle. C'est la raison pour laquelle je parle d'époque, et non de « siècles » ou d '« ère ».

Il faut avoir en mémoire qu'au début la Terre apparaissait pour les hommes comme immense, voire infinie, et que c'est la découverte de ses limites, le franchissement de ses horizons qui a fait changé la conception du monde des hommes, face à une Terre qui devenait de plus en plus petite, ils lui ont substitué un élément qui leur a apparu infini, « l'homme lui-même », c'est la découverte du « Moi », du « cogito », de la « conscience », du « génie créateur », nous sommes devenus alors notre propre centre.

Mais, comme je le dis nous parlons d'un très long processus.

Pour aller à l'essentiel, de là est né l'idée d'une progression de l'homme capable de transgresser les limites, et de par ses découvertes de faire que chaque génération qui suit vivra mieux que la suivante, et cela a pu paraître vrai à certaine époque, selon le progrès technologique.

Nous sommes allés plus loin, plus vite, nous sommes devenus plus puissants à en oublier précisément la Terre, d'où nous venons, et les limites matérielles de cette dernière.

Il est vrai que l'idée de progrès à particulièrement cru ces dernières années depuis la fin de la seconde guerre mondiale, comme le sprint de ses derniers 100 mètres. Avec elle, évidemment, c'est l'idée d'individualisme qui s'est développée, d'homme seul, assisté de la technologie et n'ayant besoin de rien d'autre, la société s'est atomisée, chacun vivant de son côté et nos humanités s'arrêtent aux portes de nos jardins. Bien sûr en réaction à cet individualisme extrême, l'aide humanitaire s'est développé, mais ne doit pas cacher le mouvement de fond, l'homme, cet « animal social », qui vivait en groupe est devenu un être seul, une foule d'êtres solitaires.

Le confinement a été au bout de cette logique avec le « distanciel », « l'enfermement », les « gestes barrières », ne plus s'embrasser, éliminer tout geste d'amitié, et surtout considérer que chacun est devenu une menace pour l'autre. Comme un bouquet final, la santé dernier bastion de cette idée de progrès a montré toute son incapacité à lutter contre un virus, refusant les traitements d'anciennes molécules qui fonctionnaient, voulant absolument trouver le remède miracle issu du progrès technologique. Or, dès premiers résultats, l'idée d'un vaccin salutaire s'effondre, même devient au fil des résultats une menace, et petit à petit, c'est l'idée même de vaccination qui s'effondrera face aux résultats d'une modernité impuissante et contre productrice.

Car, l'idée de progrès ne se constate plus dans la société, l'idée simple que les générations vivront mieux que les suivantes ne se vérifie pas, la Terre se dégrade, on parle de la « fin de l'économie pétrole », et cette science qui devait proposer autre chose de mieux pour que nous gardions notre niveau de développement y est tout simplement incapable, toute personne honnête le constate, et c'est ainsi que cet homme qui refusait les limites de la Terre, croyant qu'en devenant le centre, l'infini lui était ouvert, finit par rencontrer sa propre finitude, se rappelant que quoiqu'il fasse, il n'est ce qu'il est que parce qu'il y a une Terre.

Il faut dire que tout dans notre pays c'est organisé autour de l'idée de progrès, l'éducation, l'administration, l'industrie, le travail et l'expression politique avec cette idée des partis du progrès face aux partis plus conservateurs, rien n'y a échappé, sauf que maintenant plus rien n'y correspond, nous vivons donc dans une structure hors sol, abstraite, déconnecté du réel, ironie pour une époque qui prétend vivre dans l'hyper-connection d'internet, dans une bulle...

Face à l'impossibilité de se projeter dans le temps, les hommes ont commencé à investir leur espace, le « moment présent », abandonnant le « futur » pour le « présent », ce sont toutes les pensées de la « pleine conscience », de « l'ici et du maintenant », de la gestion raisonnée de notre Terre, d'une certaine forme de décroissance, face à l'incertitude du futur, nous avons cherché la certitude du présent. Nous avons vécu la fin de l'idée de progrès, et comme ce sont les couches les plus inférieures de la société qui l'ont subit en premier, ce sont les premières qui ont changé. Au fur et à mesure, chaque niveau permute jusqu'à aujourd'hui où l'ensemble de la société se transforme, sauf ses structures dirigeantes, les dernières à subir les difficultés du temps.

Nous devons écrire la synthèse d'une histoire qui a commencé par nous montrer les limites de la Terre, puis celle de l'homme, il faut donc composer avec les deux pour construire notre présent, infini qui tourne sur lui comme les cycles de la nature.

Intéressant de noter, que lorsque Claude Lévi-Strauss avait parlé des sociétés à histoire chaude, qui ont une relation à l'histoire linéaire, et des sociétés à histoire froide, qui ont une relation à l'histoire circulaire, évoquant par là les « sociétés sans histoire », beaucoup de chercheurs s'étaient mépris étant à l'époque dans un temps où l'idée de progrès arrivait à son paroxysme, mais forcé de reconnaître que nos sociétés à histoire chaude se refroidissent beaucoup, et passent inexorablement d'une économie de progrès à une économie circulaire.

L'abandon du futur pour le présent, du temps pour l'espace s'inscrit bien évidemment dans une histoire de l'humanité qui avait refusée de dialoguer avec la Terre, et qui va devoir y revenir. Je dis bien la Terre et non la seule nature, car il existe malheureusement une écologie politique qui ne voit le monde que dans l'ornière de la contrainte et de la sanction, alors même que l'orientation de nos sociétés vers le « moment présent » est exactement l'inverse, un monde qui doit conjuguer avec le dialogue, l'écoute, la discussion, le partage, la prise en compte de la Terre, d'une économie intégrée, la gestion raisonnée de nos ressources, la relocalisation des échanges ; enfin, vers où toutes les structures dirigeantes ne vont pas, mais devront y aller car, c'est matériellement que l'histoire d'une humanité qui veut rester libre en a pris le sens. 

Nous ne vivons plus la fin d'une époque, nous avons changé d'époque et ce détail fait toute la différence aujourd'hui car, ce qui pouvait être une réalité future est actuelle, sauf qu'il y a un bémol. Si en effet, les populations ont changé d'époque, ont tourné la page de l'histoire, ont clos un chapitre, nos structures, nos administrations, nos économies, nos dirigeants sont restés bloqués dans l'ancienne époque, créant une impossibilité de communiquer entre deux mondes étrangers l'un à l'autre, l'un qui disparaît inexorablement, et l'autre qui est déjà et va s'imposer quoiqu'il en soit. Mais que sont-ils ?

Personnellement, je l'ai résumé dans une conférence que j'ai nommé « Terre naissante, L'histoire d'une humanité qui veut continuer à vivre libre... », titre évocateur puisque précisément, cette fin d'époque est celle d'un très long processus qui a démarré bien avant notre siècle. C'est la raison pour laquelle je parle d'époque, et non de « siècles » ou d '« ère ».

Il faut avoir en mémoire qu'au début la Terre apparaissait pour les hommes comme immense, voire infinie, et que c'est la découverte de ses limites, le franchissement de ses horizons qui a fait changé la conception du monde des hommes, face à une Terre qui devenait de plus en plus petite, ils lui ont substitué un élément qui leur a apparu infini, « l'homme lui-même », c'est la découverte du « Moi », du « cogito », de la « conscience », du « génie créateur », nous sommes devenus alors notre propre centre.

Mais, comme je le dis nous parlons d'un très long processus.

Pour aller à l'essentiel, de là est né l'idée d'une progression de l'homme capable de transgresser les limites, et de par ses découvertes de faire que chaque génération qui suit vivra mieux que la suivante, et cela a pu paraître vrai à certaine époque, selon le progrès technologique.

Nous sommes allés plus loin, plus vite, nous sommes devenus plus puissants à en oublier précisément la Terre, d'où nous venons, et les limites matérielles de cette dernière.

Il est vrai que l'idée de progrès à particulièrement cru ces dernières années depuis la fin de la seconde guerre mondiale, comme le sprint de ses derniers 100 mètres. Avec elle, évidemment, c'est l'idée d'individualisme qui s'est développée, d'homme seul, assisté de la technologie et n'ayant besoin de rien d'autre, la société s'est atomisée, chacun vivant de son côté et nos humanités s'arrêtent aux portes de nos jardins. Bien sûr en réaction à cet individualisme extrême, l'aide humanitaire s'est développé, mais ne doit pas cacher le mouvement de fond, l'homme, cet « animal social », qui vivait en groupe est devenu un être seul, une foule d'êtres solitaires.

Le confinement a été au bout de cette logique avec le « distanciel », « l'enfermement », les « gestes barrières », ne plus s'embrasser, éliminer tout geste d'amitié, et surtout considérer que chacun est devenu une menace pour l'autre. Comme un bouquet final, la santé dernier bastion de cette idée de progrès a montré toute son incapacité à lutter contre un virus, refusant les traitements d'anciennes molécules qui fonctionnaient, voulant absolument trouver le remède miracle issu du progrès technologique. Or, dès premiers résultats, l'idée d'un vaccin salutaire s'effondre, même devient au fil des résultats une menace, et petit à petit, c'est l'idée même de vaccination qui s'effondrera face aux résultats d'une modernité impuissante et contre productrice.

Car, l'idée de progrès ne se constate plus dans la société, l'idée simple que les générations vivront mieux que les suivantes ne se vérifie pas, la Terre se dégrade, on parle de la « fin de l'économie pétrole », et cette science qui devait proposer autre chose de mieux pour que nous gardions notre niveau de développement y est tout simplement incapable, toute personne honnête le constate, et c'est ainsi que cet homme qui refusait les limites de la Terre, croyant qu'en devenant le centre, l'infini lui était ouvert, finit par rencontrer sa propre finitude, se rappelant que quoiqu'il fasse, il n'est ce qu'il est que parce qu'il y a une Terre.

Il faut dire que tout dans notre pays c'est organisé autour de l'idée de progrès, l'éducation, l'administration, l'industrie, le travail et l'expression politique avec cette idée des partis du progrès face aux partis plus conservateurs, rien n'y a échappé, sauf que maintenant plus rien n'y correspond, nous vivons donc dans une structure hors sol, abstraite, déconnecté du réel, ironie pour une époque qui prétend vivre dans l'hyper-connection d'internet, dans une bulle...

Face à l'impossibilité de se projeter dans le temps, les hommes ont commencé à investir leur espace, le « moment présent », abandonnant le « futur » pour le « présent », ce sont toutes les pensées de la « pleine conscience », de « l'ici et du maintenant », de la gestion raisonnée de notre Terre, d'une certaine forme de décroissance, face à l'incertitude du futur, nous avons cherché la certitude du présent. Nous avons vécu la fin de l'idée de progrès, et comme ce sont les couches les plus inférieures de la société qui l'ont subit en premier, ce sont les premières qui ont changé. Au fur et à mesure, chaque niveau permute jusqu'à aujourd'hui où l'ensemble de la société se transforme, sauf ses structures dirigeantes, les dernières à subir les difficultés du temps.

Nous devons écrire la synthèse d'une histoire qui a commencé par nous montrer les limites de la Terre, puis celle de l'homme, il faut donc composer avec les deux pour construire notre présent, infini qui tourne sur lui comme les cycles de la nature.

Intéressant de noter, que lorsque Claude Lévi-Strauss avait parlé des sociétés à histoire chaude, qui ont une relation à l'histoire linéaire, et des sociétés à histoire froide, qui ont une relation à l'histoire circulaire, évoquant par là les « sociétés sans histoire », beaucoup de chercheurs s'étaient mépris étant à l'époque dans un temps où l'idée de progrès arrivait à son paroxysme, mais forcé de reconnaître que nos sociétés à histoire chaude se refroidissent beaucoup, et passent inexorablement d'une économie de progrès à une économie circulaire.

L'abandon du futur pour le présent, du temps pour l'espace s'inscrit bien évidemment dans une histoire de l'humanité qui avait refusée de dialoguer avec la Terre, et qui va devoir y revenir. Je dis bien la Terre et non la seule nature, car il existe malheureusement une écologie politique qui ne voit le monde que dans l'ornière de la contrainte et de la sanction, alors même que l'orientation de nos sociétés vers le « moment présent » est exactement l'inverse, un monde qui doit conjuguer avec le dialogue, l'écoute, la discussion, le partage, la prise en compte de la Terre, d'une économie intégrée, la gestion raisonnée de nos ressources, la relocalisation des échanges ; enfin, vers où toutes les structures dirigeantes ne vont pas, mais devront y aller car, c'est matériellement que l'histoire d'une humanité qui veut rester libre en a pris le sens.

Vidéo sur le même sujet :