samedi 4 mars 2023

SNU - Ecole-armée ou Armée-école, "retour vers le futur"? Être vissionnnaire ne sert à rien.

Pour ceux qui suivent un petit peu l'actualité, vous avez vu la volonté de l'exécutif de rendre obligatoire à toute une classe d'âge le SNU (service national universel), dont le coût comme l'organisation va demander d'énormes efforts à un moment où bien des ministères auraient besoin de cette manne.

L'actualité nous rattrapant, en 2008 j'avais soutenu mon doctorat en sciences de l'éducation qui s'appelait : " Entre Culture et Politique, concevoir l’armée et l’école entre 1936 et 1946 en France" ( Cliquez ici pour voir la page sur le doctorat en sciences de l'éducation) dont le sujet était les pédagogies en lien entre l'armée et l'école car j'avais été frappé qu'en France le débat tourne entre ces deux ministères "l'armée" et "l'éducation", et à savoir qui était le porteur des valeurs républicaines, deux camps, pour faire simple, se faisaient face : 1 - ceux qui pensent que les valeurs militaires d'ordre et de discipline doivent s'imposer à l'école pour former de bons citoyens et 2 - ceux qui pensent au contraire que l'éducation nationale possède des valeurs qui lui sont propres basées sur des valeurs plus éducatives du dialogue et universalistes.

A l'époque, mon travail qui a été récompensé tout de même du doctorat, avait qu'en même était très critiqué, m'indiquant que cette problématique était dépassée.... En êtes-vous bien certain? Entre temps est apparu le SNU qui revendique précisément pour créer une cohésion nationale une alliance avec qui ? L'armée et l'école bien sur. 

Mon travail qui ne m'a permis de décrocher aucun poste était néanmoins un petit peu visionnaire...

Mais cette malheureuse satisfaction ne me sert à rien, d'autant plus que j'aurais préféré que le débat des années 40 ne revienne jamais.

J'espère que la jeunesse lèvera le nez de ses consoles pour prendre conscience de la farce à laquelle, malgré elle, elle participe... 

Je vous laisse néanmoins un extrait, non de la thèse, mais du résumé libre que j'avais rédigé dix ans après en 2020 sous le titre "Appréhender l"inconnu, l'héritage des pédagogies des années 30 et 40" qu'en je m’apercevais bien de l'intérêt de mon travail, voilà ce que j'écrivais dans l'introduction :


"[...] lorsque nous regardons les principes éducatifs mises en avant, ils reviennent souvent à la confrontation des idées et des hommes qui s’est développée dans les années 30 et 40, période quand même qui a connu un conflit mondial et un bouleversement profond de notre conception de l’homme, assez fort pour que près de quatre-vingt-dix ans après nous n’ayons pas dépassé les termes du débat qui peut se concentrer dans la confrontation entre une volonté de libérer les hommes des répressions et contraintes qu’ils subissent et une volonté au contraire de renforcer des autoritarismes et des contrôles pour rendre en théorie plus efficace le rendement des productions humaines.

Ces deux mouvements travaillent d’une façon plus ou moins marquée l’expression des mouvements d’éducation, et plus largement la relation que nous pouvons développer chacun d’entre nous envers autrui.

[...]

Nous intéresser aux années 30 et 40, et plus particulièrement à la période qui va de 1936 à 1946 en France n’est pas un choix anodin, puisqu’il se concentre un amas d’évènements qui permet en dix ans de brosser des comportements humains que nous retrouverons par la suite dans notre histoire ; pour nous, l’occasion de mieux appréhender la relation pédagogique avec autrui, c’est-à-dire pour apprivoiser l’inconnu.

Cette période a aussi un intérêt car, elle est un moment de guerre et de confrontation mondiale, demandant aux différents participants de se dévoiler, d’être finalement plus authentique face à sa propre pensée, appelant aussi à insérer la France dans une réflexion européenne.

La période 1936-1946 est particulièrement riche en expériences gouvernementales différentes. Il est possible de noter successivement le Front populaire, le gouvernement de Vichy, la France libre et un gouvernement provisoire en sortie de guerre.

Le débat qui anime l’éducation en cette période de Guerre Mondiale trouve sa source dans la Révolution Française comme l’exprime le Maréchal Pétain, créant un parallèle entre l’école et l’armée dès 1934 lors du 14e banquet de la Revue des deux Mondes : « cadres scolaires et cadres militaires ont, en effet », selon lui, « une mission commune : développer la valeur physique, tremper les cœurs, forger les volontés. Mais, tandis que l’armée forme des soldats, instruments éventuels de la défense du sol, les corps enseignants préparent des citoyens, artisans permanents de la grandeur du pays (…) [Seulement], la France n’est pas dotée d’un véritable système d’éducation nationale [les enseignants élèvent les jeunes] dans l’ignorance ou le mépris de la Patrie ». L’enjeu pour Pétain est la lutte qu’il entame contre l’Universalisme des Lumières et donc de remplacer la Révolution Française par une Révolution Nationale, ayant pour base les valeurs militaires d’ordre et de discipline, étant les seules pour lui dignes à l’accomplissement de la personne et à sa réussite sociale, et par ricochet de la Nation.

Ne l’oublions pas, cette idée se développe encore dans nos institutions sous des formes indirectes qui visent le contrôle et la discipline autoritaire pour la réussite et les bons résultats.

L’école a donc été très tôt un lieu certes où nous formons les futurs hommes et femmes du pays, mais aussi un lieu de l’expression du pouvoir, même si les instituteurs et les professeurs ne s’en aperçoivent pas toujours.

Alors bien évidemment, en cette période trouble, la vision de Pétain et du gouvernement de Vichy n’est pas la seule à se développer, même si nous notons dans des mouvements moins officiellement autoritaristes cette volonté de mélanger l’armée et l’école comme dans la Résistance avec l’OCM (Organisation Civil et Militaire) ou encore les FTP (Francs-tireurs et partisans) proche du Parti Communiste.

Différentes visions de la France se développent ainsi à cette époque, qui seront autant de conceptions de l’autorité : De Gaulle et la France Libre à Londres qui développe une vision mondialiste du conflit et du rôle du pays, Giraud qui souhaite rester dans le cadre de la loi, les Communistes qui suivent l’Internationale et le Maréchal Pétain qui vise, comme dit ci-dessus, une Révolution Nationale et la construction d’un homme nouveau. [...]"  

 

 


vendredi 3 mars 2023

Le Quatrième Pouvoir pour refaire du lien

 << Lire Le Quatrième Pouvoir>>

Si le monde change, ce ne sera ni pour l’écologie, ni même pour le social, mais bel et bien pour recréer des liens qui ont disparus et qui permettaient à un maximum de personnes de vivre correctement sur son territoire et de faire communauté.

Quel que soit la gravité de ce que nous vivons, les hommes ne bougent que lorsque leur imaginaire commun dessine un horizon visible, donnant un sens à leur geste, à leur don, à leur existence.

Les hommes changent quand la volonté de faire du lien n’est plus suffisamment fédérateur, quand dans la société chacun est étranger à son voisin, quand la solitude a atteint un tel niveau qu’il n’y a plus comme solution que de se mettre en mouvement.

C’est bien le lien qui amène à l’union, à l’appartenance à une communauté, à un territoire car les hommes ont toujours été des êtres de territoires, même quand ils sont nomades, c’est la terre qui fait le lien, crée les valeurs, lie les hommes entre eux, donne ce sentiment d’appartenance, aussi différent soit-on, le lien est primordial et le changement n’arrive que lorsqu’il risque de disparaître.

Nous ne parlons pas d’évènements du grand soir, mais bel et bien d’un processus lent et silencieux, irrémédiable.

Le Quatrième Pouvoir dont nous nous assignions à discuter et montrer l’existence, et celui-ci, celui du lien fédérateur, existant avec ou sans État.

Le lien sans lequel rien n’existe.

Beaucoup de théories, concepts et discours ont été élaborés pour expliquer ce qui faisait l’unité d’un pays ; successivement nous avons parlé de la langue, du territoire, de l’appartenance religieuse, culturelle, de la volonté ou du désir de vivre ensemble ; mais au final, rien de toutes ces explications n’est totalement satisfaisante comme si quelque chose nous échappait.

J’ai souvent pensé à cette question, et j’en suis arrivé à la conclusion que ce qui fait l’unité d’un pays est autant ce qui le rassemble que ce qui le divise, que finalement la dispute, la division, la diversité, la pluralité sont autant de raison d’être ensemble que la bonne entente. Aussi paradoxalement que cette vision peut être, les mêmes choses qui rassemblent sont les mêmes choses qui divisent. C’est pourquoi, j’en suis arrivé à la conclusion qu’une société fait corps, s’unit quand elle a compris qu’elle va disparaître ou qu’elle peut disparaître.

Alors, il est possible de parler du lâcher prise et du lien. Aucun lien ne peut être activé si en parallèle nous ne lâchons pas prise de nos attaches ; et c’est pour ce fait que tant que les Français resterons attachés au cartésianisme, tant qu’ils croiront qu’ils faut souffrir pour apprendre, tant qu’ils croiront en l’ordre et en la discipline centralisatrice, à l’État militaire, aucun lâcher prise ne sera possible, et aucun nouveau lien salvateur ne pourra être créé, et donc notre destinée est connue. Car chaque peuple a son destin dans ses mains, ce ne sont pas les dirigeants qui choisissent, ce sont les peuples. Les chefs d’État ont l’illusion du choix tant que les peuples restent dociles, mais l’histoire l’a montré et démontré, il n’y a aucun peuple qui ne va là où il ne veut pas aller, ou là où il a renoncé de s’affirmer. Quand ceci arrive, c’est que tout simplement, sa culture a disparu. Nous choisissons collectivement notre trajectoire et donc nous sommes en capacité de réactiver des liens, à une condition que l’on abandonne des schémas culturels de penser que nous avons cru nôtre.

D’où cette analyse sur le Quatrième Pouvoir, celui qui fait lien, le pouvoir régulateur. 

 << Lire Le Quatrième Pouvoir>>

<< Voir les ouvrages de société>> 

  

dimanche 19 février 2023

Fiscalisté, Collectivité et Décentralisation

Reproduction ici d'une partie de la page Doctorat en droit :
 
Deux sujets se croisent dans cette thèse, la nécessité de repenser les raisons de la fiscalité, c'est-à-dire le pourquoi et le comment nous permettons à une autorité de justifier le prélèvement des impôts et des taxes ; et le mouvement de décentralisation du pouvoir politique que connaît la France, entraînant de profonds bouleversements dans notre pays et mettant en exergue la nécessité absolue aujourd'hui d'accepter la participation des citoyens à la gestion directe des différents secteurs les concernant, et l'obligation de la simplification et l'allègement administratif.

La fiscalité a été un révélateur des mutations que connaît la France actuellement.

J'ai donc dans cette période de doctorat approché un bon nombre de domaine collatéraux comme le droit public financier, le droit privé économique et financier, les sciences politiques et des administrations, les sciences historiques et l'aménagement du territoire.

J'ai donc acquis des compétence en de nombreux domaines du droit et sciences politiques. 
 
https://drive.google.com/file/d/1EhDrKPMtR3teV1VYDdnh7y_qZIHPWPUk/view?usp=sharing

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LA THESE LA RAISON FISCALE

Résumé

La France s’est fondée autour des valeurs centralisatrices symbolisées par l’unité fiscale et la concentration du pouvoir sur sa capitale Paris. Depuis 2003 et la réforme constitutionnelle qui reconnaît l’organisation décentralisée, elle se retrouve face à sa contradiction : celle de revendiquer l’unité centralisatrice et d’admettre la décentralisation. Contrairement à la définition qui veut que la décentralisation se caractérise par le partage des compétences entre les collectivités locales et les autorités nationales, l’État décentralisé possède une logique propre distincte de l’État central. En effet, il devrait intégrer la société civile dans le fonctionnement normal des institutions pour délibérer conjointement avec les élus. Pour comprendre ce phénomène et comment une telle décentralisation conserve l’unité nationale, il devient nécessaire de retracer l’histoire de la raison fiscale, c’est-à-dire la logique politique des contributions, de l’ancienne France à la naissance de l’État décentralisé contemporain pour déterminer les fondements, comprendre l’unité du pays et en concevoir les enjeux du début du XXIe siècle : payer directement, à la source, prendre en compte les revenus de chacun, intégrer la protection du vivant ainsi que le développement de l’économie locale.


 

dimanche 22 janvier 2023

Les discours d'un Hêtre commun

Dans le passé, j’avais écrit beaucoup de textes sur Internet dans mon premier blog « naturéconomie » que j’ai perdu, j’ai donc décidé de réunir ce de ce blog-ci « Xavier Pérez Officiel », l’ouvrage est voué à prendre du volume avec le temps... ou alors d’en faire un second volume. Merci à tous ceux qui me suivent dans mes réflexions...

<< Voir Les Textes Les discours d'un Hêtre Commun>>




lundi 9 janvier 2023

La société de jeu : fin de partie!

 
En 2002, alors que j'étais en année d'étude approfondie au Muséum National d'Histoire Naturelle à Paris, à la section du Musée de l'Homme, département de l'arctique, j'ai développé une théorie autour du jeu et de l'économie de marché, je m'étais alors demandé pourquoi nos sociétés s'étaient autant rigidifiées dans leur structure sociale, dans une forme de pouvoir vertical, présentée sans alternative. C'est bien l'étude des autres cultures qui m'ont permis de poser une thèse générale. 

J'affirmais alors que la grande distinction entre la société occidentale dite « moderne » et les sociétés dites « traditionnelles » dans leur plus grande diversité était que notre société ne distingue pas la structure du jeu et celle de la vie quotidienne. Je l'ai traduit dans l'expression de la « société de jeu » pour caractériser un monde où tout est jeu ou conçu comme tel, y compris dans notre appréhension de l'existence . 

Nous pouvons retrouver cette idée lorsque nous parlons de « l'économie casino » pour évoquer les marchés financiers. La société de jeu est d'ailleurs une société où tout correspond au jeu l'économie, les relations sociales, mais aussi l'élaboration des théories scientifiques explicatives. 

L'autre schéma serait les « société du jeu », c'est-à-dire des cultures qui distinguent l'univers du jeu de celui du quotidien. 

La "société du jeu" ne se confond pas avec le quotidien. Cette étude m'avait notamment permis de comprendre des mécanismes de transmission des savoirs et des cultures à travers les jeux, et comment par ce « détour » nécessaire l'unité du quotidien se raffermit.

Suite à 2002 et mes péripéties professionnelles j'avais mit un peu en retrait cette théorie, mais m'étais arrangé pour la faire imprimer et la déposer en ligne comme nous le permet Internet (VOIR : La société de jeu, de la métaphore à la réalité). 

Il est vrai que nombreuses personnes me parlent encore de cette théorie qui peut facilement se constater tous les jours et qui a des applications très concrètes, notamment en éducation.

En 2022, 20 ans après, je viens de prendre connaissance de l'ouvrage de David Graeber et David Wengrow, Au commencent était..., une nouvelle histoire de l'humanité (publié en 2021) ; et m'a surprise fut grande quand j'ai retrouvé trace, d'une façon un peu différente il est vrai, de cette idée sur le « jeu ». 

En effet, les auteurs montrent comment notre société s'est rigidifié dans un modèle unique de société verticale alors même que l'histoire de l'humanité montre une grande imagination et souplesse des formes de pouvoirs, y compris saisonnière. Ils en arrivent forcément à étudier les jeux, fêtes, carnavals où le pouvoir est moqué et porté en dérision, et notent donc ce mouvement pendulaire entre des périodes de jeux très réglementés, ritualisés et le quotidien bien plus souple et s'organisant même dans certaines régions suivant les saisons. Ils arrivent à se demander : « Comment la domination et l'asservissement en sont-ils venus à représenter à nos yeux des éléments incontournables de la condition humaine, plutôt que de simples expédients temporaires ou même les fastes de quelques grandioses comédies saisonnières ? Si tout cela a commencé comme un jeu, à quel moment avons-nous oublié que nous étions en train de jouer ? » (p.152)

Cette idée refait donc surface à un moment précis de notre histoire, quand justement nous risquons de ne plus avoir de pièces pour continuer à jouer. En effet, la question des ressources naturelles et de l'énergie s'invitent à notre table comme je l'ai évoqué depuis de nombreuses années, et beaucoup de nos concitoyens qui jouaient le jeu de notre civilisation, risque bien de ne plus en avoir les moyens et d'être privé de l'essentiel, et là on ne joue plus, on ne peut plus jouer.

Lorsque nous parlons des sociétés qui séparaient les moments des jeux et les moments du quotidien, nous évoquons surtout des civilisations qui avaient des milliers d'année alors que lorsque nous parlons de la nôtre qui s'est enfermée dans une structure de jeu, nous parlons au bas mot d'une civilisation de 2 ou 300 ans, et nous sommes déjà en train de jouer la fin de la partie.

C'est en ce sens que la connaissance ethnologique est très vivante et nous passe bien plus qu'une connaissance des sociétés autres ou anciennes, mais bel et bien d'une forme de sagesse que nous avons perdu.

L'ethnologie pourrait sans difficulté s'interpréter comme le savoir de « mondes retrouvés »

Voir aussi l'ethnologie dans l'interprétation de l'actualité:

 

samedi 3 décembre 2022

Ethnologie Active : Lutter contre le fatalisme et la résignation

Si un jour , j'ai décidé de prendre la parole, de mettre mes recherches en ligne dans un blog, de créer une chaîne YouTube, c'est pour lutter contre la pensée de la fatalité et la résignation, cette pensée qui considère que l'évolution de notre monde surtout depuis la Révolution silencieuse des années 80' avec la financiarisation de nos échanges, de nos relations personnelles et éducatives, qui visent à nous expliquer que l'évolution actuelle est la seule possible et que nous acception souvent en prononçant cette parole « que veux-tu que j'y fasse ». Cette résignation est palpable aujourd'hui et laisse filer notre avenir comme une fuite en avant que personne ne pourrait arrêter. Alors, j'ai certainement la faiblesse de penser l'inverse, qu'il est possible déjà dans l'analyse d'aller à rebours de ces évidences, de rétablir quelques réalités, d'élargir notre regard et créer de nouveaux concepts et analyses qui dessinent un monde souhaitable. Il est vrai qu'il y a des échéances environnementales et économiques, mais ces échéances sont celles que notre monde a créé dans sa façon d'être, cette façon qu'une majorité croit inéluctable. L'ethnologie Active pour moi personnellement ne s'arrête pas aux constats aussi pertinents soient-ils, elle permet d'agir, d'être une lumière pour demain.

Il est exact que dans les conditions actuelles ultra-médiatisées, il est compliqué, surtout lorsqu'on étudie les Institutions, de faire entendre une nouvelle voix, le marketing diffusant un flot incessant de sophismes de communicants ; compliqué aussi de devoir tous les commenter alors que dans le même moment nos semblables ont des difficultés dans un quotidien qui leur apparaît de plus en plus sans aucun sens, d'où une forme de désespoir.

La tentation de vouloir vivre hors du monde est grande, de vouloir construire des lieux hors système aussi, les échappatoires sont nombreux, mais sans ce travail de conceptualisation, ces tentatives sont en fin des fins vaines, car le mouvement de financiarisation finira par tout avaler.

C'est certainement pourquoi l'ethnologie, connaissance sensible du monde et des hommes, est aussi importante, c'est aussi pourquoi l'analyse est autant de moment incontournable pour offrir aux Hommes ce qu'ils veulent, ce qu'ils souhaitent et ceux qu'ils construiront ; cette action d'une profonde analyse du monde et de la Terre, de ses habitants, ses cultures et des moyens d'action pour que sa construction retrouve à nouveau du sens dans la générosité et le partage.

 

 

VOIR AUSSI :


vendredi 4 novembre 2022

L'économie locale se présente comme une contre-révolution humaine à la révolution financière des années 80'

Pendant de nombreuses années, l'économie locale a été regardée comme une bizarrerie marginale qui doit obéir aux flux de la grande économie, or face au débat sur l'énergie et l'économie monétaire, elle pourrait devenir le recours et l'avenir pour des territoires voués à eux-mêmes.

J'entends déjà les débats actuels et à la mode sur la nécessaire réindustrialisation, discours bien plus politiques que réalistes dans le schéma économique mondial et chaque jour nous le rappelle malheureusement. On nous évoque des exemples qui ne sont au final que les arbres d'une forêt de désastres. C'est aussi parce que cette crise énergétique qui va être mondiale sonne le glas à plus ou moins brèves échéances de l'ère industrielle. 

C'est pourquoi il est venu le temps de comprendre que le monde a changé, qu'il a basculé dans les années 80' avec la financiarisation de nos économies, nous sommes entrés dans une sorte de néo-féodalisme, quittant de fait et de plein pied le capitalisme. Fait que nous voyons très bien aujourd'hui dans ce combat que se livre les chevaliers milliardaires pour le gain et le contrôle de territoires financiers. 

Au quotidien, nous avons l'évocation sur les ondes d'une mythologie et de rites capitalistes, alors que la réalité se ramène à un combat de seigneurs où le commun des mortels dont je fais partie ne peut que constater et subir l'ampleur des dégâts.

C'est pourquoi, et contrairement à ce que j'ai pu penser moi-même, nous ne vivons pas le passage d'un monde à un autre, car celui-ci a déjà eu lieu, nous vivons les débuts d'une contre-révolution humaine à la révolution financière, où des hommes et des femmes du quotidien refusent le monde vide de sens qu'on leur inflige. 

Ces hommes et ces femmes, s'ils veulent retrouver leur liberté et décider de leur avenir devront par la force des évènements aller vers l'économie locale, dénotant de fait qu'elle n'est ni une réindustrialisation du territoire, et ni un contrôle de la financiarisation, mais bel et bien la découverte d'une logique qui lui sera propre, de règles qu'elle va inventer pour distribuer des productions locales, faire circuler différemment les monnaies, avoir une autre appréhension du territoire qui sera certainement ni national et ni européen, et encore moins mondial. 

Ce sera aussi une autre appréhension du monde du travail, et du retour du monde des fêtes, la fin ou la transformation de la compétition et du recors pour le recors, les hommes chercheront le sens à leurs actes, le lien et le partage, c'est le retour du monde vivant, de l'échange.... et cela se fera par la force des évènements qui nous y inviteront et à qui nous ne pourront pas refuser l'invitation pour vivre, simplement vivre et respirer. 

Les difficultés énergétiques transformeront de fait notre façon de nous déplacer qui devra elle aussi être de plus en plus locale, et ce mouvement contraint pour certains, sera d'autant mieux vécu que notre quotidien s'organisera autour de notre localité. 

Le changement ne peut être que collectif, les déplacements que nous faisons de façons individuelles devront être de plus en plus réalisés de façons partagés et collectifs.

Il est regrettable que les territoires n'anticipent pas ces mutations qui sont non seulement évidentes, mais visibles.

Ce destin se forge à la force des évènements et notamment se heurtant aux limites de notre Terre et notre capacité à créer suffisamment d'énergie et donc d'économie productive. 

Il va falloir faire des choix, passer d'un monde qui se projeter dans l'histoire à un monde qui se projette sur son territoire, c'est à dire son espace. C'est une nouvelle histoire celle de la redécouverte d'un destin collectif.

lundi 19 septembre 2022

Les méthodes autoritaires sont-elles devenues un obstacle à la connaissance ?

Les déclarations du Ministre de l'éducation sur le collège publiées dans la presse ce 18 septembre 2022 ouvrent officiellement le débat sur la baisse du niveau des élèves dès le collège et met l'accent directement sur la « pédagogie » au cœur des résultats obtenus. L’Éducation Nationale est pourtant le plus important budget de l'Etat et malgré cela rien n'y fait, les résultats ne sont pas au rendez-vous, bien plus que le collège, n'est-ce pas une « méthode » qui trouve sa limite tant financière qu'idéologique : celle de l'autorité pour elle-même?

Telle a été la marque de la méthodologie de ces dernières années, d'être plus rigide, plus stricte, plus morale, plus autoritaire, on nous a assuré que c'était le laisser-aller supposé qui était responsable de la situation. On a donc sévi et le logiciel Pronote y a aidé, même les élèves bien élevés, courtois et socialisés n'y échappent pas.

Mais, s'est-on posé la question de l'origine de la connaissance ? C'est l'envie, oui l'envie d'apprendre.

Or, désolé, qu'est-ce qui caractérise la méthodologie au collège ? Une série de dogmes dont le premier est le contraire même de l'envie d'apprendre, de la connaissance, que l'on peut identifier dans l'ordre gratuit.

A-t-on vraiment envie d'apprendre lorsqu'on nous rabaisse ? Nous crie dessus ? Nous met des observations ? Qu'on ne nous laisse pas le droit de nous tromper ? L'erreur étant de suite sanctionnée par une mauvaise note.

La connaissance, c'est tout l'inverse ! C'est le droit de se tromper, de déambuler, de se perdre, de prendre les chemins de traverse pour apprécier la beauté du savoir, d'une lecture sans chercher à avoir une note ou un diplôme, être en retard. Mais, ça l'école, elle ne connaît pas, il faut suivre le logiciel d'acquisition des compétences de l'élève parfait, sauf que la perfection ne fait pas partie de ce monde.

Nous devrions interdire les logiciels de gestion des écoles pour revenir à quelque chose de plus informel et de plus humain, arrêter avec le dogme de l'autoritarisme, apprendre à rire (si cher à Bergson), à regarder différemment la connaissance autrement qu'une chose qui donne une note, quittant cette posture de supériorité, alors oui, seulement dans cette condition l'envie pourra renaître et avec lui la connaissance refleurir.

Nous entrons dans le monde post-moderne et il serait bien d'y entrer en ayant des écoles à taille humaine.

 

mardi 13 septembre 2022

Les devoirs, contre-productifs, et pourtant toujours à la mode!

Une journée, il faut savoir la commencer, mais il faut aussi savoir la terminer. Cette maxime, l'école l'a oubliée, et donne depuis des décennies des devoirs à faire à la maison pensant que l'enfant doit se parfaire, sauf que tous les établissements ou les pays qui ont arrêté avec les devoirs, ont vu le niveau scolaire général augmenter. Le terrain vient contredire la croyance, et il n'y a rien d'illogique à cela, même au contraire.

Comme je vous le disais, une journée, il faut savoir la commencer, mais il faut savoir aussi la terminer, ce qui est vrai pour les travailleurs, l'est aussi pour les écoliers. 

Le premier point avec les devoirs est que la journée d'école ne se termine jamais, l'école s'invite à la maison. A peine sortie de l'établissement, fatigué de sa journée, transport scolaire, journée de 8 heures, debout depuis 6 heures du matin, l'enfant doit en plus à l'heure où il devrait souffler, se remettre dans les leçons.

Vient alors les moments des râleries, des soufflements, des pleures aussi, « j'en est marre, je suis épuisé », « encore un devoir », ...et je vous passe les noms d'oiseaux. L'école s'invite à la maison pour tout le monde y compris ceux qui n'y mettent plus les pieds. 

Qui peut croire un instant que fatigué, râlant, un enfant apprend, non au contraire, il se bute, il se « débarrasse » des devoirs.

Mais, dans cette maison, les devoirs s'invitent aussi pour accentuer les inégalités sociales car il y aura les enfants qui auront des parents qui pourront les aider, d'autres qui peuvent payer des gens pour les aider, et les autres qui n'auront personnes; et les aides aux devoirs à l'école n'y font malheureusement rien.

La différences sociales s'invite de fait à l'école qui de par ce mécanisme l'accentue. 

Alors, je sais que chaque année, on nous sort l'élève studieux qui vient précisément de ces quartiers, un arbre qui cache la forêt.

Dans cette forêt, le niveau ne fait que baisser, il faut dire qu'au lieu de faire de l'instruction de matières, de l'apprentissage de connaissances, le temps est de plus en plus consacré à « faire la morale et la police », surtout depuis qu'il y a pronote, la relation avec l'école est médiatisée via un logiciel de surveillance.

Et pourtant, les choses pourraient être si simple. 

Sans devoir, il n'y aurait plus besoin de pronote, un gain pour l'environnement, il n'y aurait plus besoin de faire circuler les livres de l'école à la maison, et de la maison à l'école puisque les exercices on les ferrait à l'école. Finit aussi les cartables lourds !

On ne passerait plus 20 minutes à chaque début de cours pour savoir qui a fait et qui n'a pas fait, plus besoin de se mettre en colère, plus d'observations désagréables à faire, la paix retrouvée, la possibilité pour l'enseignant de se concentrer directement sur son cours et sa matière.

Imaginez un instant que les élèves n'auraient plus à changer de salle entre les cours, sauf pour les matières spéciales où il y a des expériences, les livres pourraient rester en classe, être collectifs et être distribués le cas échéant, fini aussi la perte des livres et leur oubli.

Contrairement à ce que nous croyons, et les résultats en éducation comparée le prouvent, les devoirs sont contre-productifs, ils sont un obstacle pour l'acquisition générale des connaissances.

A chacun sa conscience car commencer une journée demande aussi de la terminer.

Voir aussi

  1. Docteur en sciences de l'éducation ICI 
  2. Écrans et devoirs, Incohérence et inégalité élevées en savoir faire ICI