Une
politique respectueuse des droits fondamentaux devient possible quand
les citoyens y prennent part et peuvent y participer. Cette vérité
demande forcément de développer un autre regard sur nos
institutions, notamment sur le fait qu’elles puissent être
contrôlées par des instances indépendantes dans lesquelles sont
présents les citoyens. Car, l’indépendance, accompagnée de la
fraternité, doit mettre un terme au pouvoir central de notre pays,
dont la seule fonction devrait être de réguler l’ensemble et
d’organiser cette République décentralisée dans laquelle le
pouvoir citoyen pourrait s’exprimer librement et légalement. Car
nous vivons la fin d’un système, celui de la surproduction qui va
nous demander, non pas simplement une réforme constitutionnelle,
mais de permettre à une révolution citoyenne d’avoir lieu, les
solutions devant venir de la base une fois le bon constat posé.
Xavier
Pérez,
docteur en droit et docteur en sciences de l’éducation,
anthropologue de formation, ancien réserviste citoyen, de l’IHEDN
et d’associations citoyennes d’éducation et d’information,
développe une pensée politique sur une alternative qui prenne en
compte la réalité matérielle de nos économies. Il est l’auteur
de deux doctorats, des ouvrages « L’économie intégrée au
vivant », « L’autoritarisme ou le partage », « En
quête de discours », « Partage, les dialogues
dépolitisés » ou du blog « Terre Naissante ». Il
est aussi dessinateur sous le nom de Pierre-et-Julien.
Sommaire
Vous
avez le droit
Lorsque
le choix démocratique
Le
pouvoir de régulation, le cœur de nos démocraties
Le
principe de sécurité sociale doit s’étendre à tous sans
distinction
Un
Etat se transforme de l’intérieur et entraine la mutation de son
économie
L’initiative
citoyenne et économique dans un monde post-travail
La
nature est au cœur de notre système économique
La
fiscalité, contrôlée par un peuple, doit agir en vue de soutenir
ses initiatives
L’Union
Européenne ne peut exister que si elle ne porte pas atteinte à
l’indépendance de ses membres
L’énergie
et la matière, une question que l’on ne peut plus ignorée
L’éducation,
de par les évolutions de la société, va forcément profondément
muter vers une forme plus libre et partagée de l’enseignement
Le
transport, le logement, l’agriculture sont de fait liés par
l’occupation qu’ils font du sol et de l’énergie
La
question internationale et celle de la défense ont toujours été
liées et doivent être marquées par notre indépendance
L’indépendance
de la justice doit devenir palpable dans la réalité des
institutions
L’indépendance
et la fraternité pour écrire une nouvelle page démocratique de
notre histoire
Plus lourd financièrement que l'Etat lui-même, d'environ 500 milliards diffusés dans la société par des remboursements et paiements directement à des professionnels, des pensions directement versées aux assurés, des aides là-aussi directement versées, un système qui soutient notre économie, qui est devenu aux cours des années un socle et une condition sinequanone à la justice sociale et dont nous n'imaginons pas qu'un jour elle pourrait être en cessation de paiement, et pourtant cette hypothèse d'école demande plus que jamais aujourd'hui d'être prise au sérieux.
Il est vrai qu'un tel système, si lourd et massif, possède forcément ses dérives, que certains ont chiffré. On entend qu'il y aurait 5 millions d'affiliés fantômes, et la lutte contre ces dérives est certainement une nécessité, mais ce ne sont pas elles qui menaceraient la sécurité sociale de cessation de paiement, ou dit autrement de banqueroute. Elles l'handicapent, c'est certain, alourdissent ses dépenses, mais la "sécu" arrive encore à faire face. Non, ce qui la menace plus que jamais , c'est sa logique institutionnelle et sa base de financement.
Née à la sortie de la guerre, alors que le plein emploi régnait et que la France était à reconstruire, elle a pu avoir le luxe de fixer des règles d'affiliation à l'époque qui allaient de soi, les salariés cotisés via leur employeur, et cette masse financière suffisait à pourvoir à l'ensemble des dépenses, moins nombreuses il est vrai.
Mais, les crises économiques se sont empilées et se multiplient à un rythme accéléré, les raisons de l'affiliation ne peuvent plus être le simple salarié, les dérogations se multiplient, les situations aussi, sans compter ceux qui ne connaitront peut-être jamais le travail ou un emploi salarié. Des systèmes à côté se développent pour les travailleurs non salariés, et nous mettons le doigt dans une complexification accélérée. Or, les droits à la sécurité sociale dépendra de votre affiliation. Cette insécurité, provenant de celle qui doit vous sécuriser, nous laisse à penser à l'arroseur arrosé.
La fragilité de ce géant découle de cette situation qui a fabriqué son financement sur la base des cotisations du travail et des entreprises, et qui a forcément craquelé et montré son insuffisance dans une situation sociale qui devient de plus en plus urgente et préoccupante. Il a fallu élargir ce financement avec la CSG, mais même celle-ci se révèle insuffisante. Toutes ces cotisations se réalisent en effet sur du capital fixe alors même que les plus grandes masses d'argent circulent dans les flux financiers, inaccessibles actuellement car, il faudrait pour les fiscaliser contrôler les capitaux ce qui est interdit dans le cadre actuel de l'Union Européenne.
C'est pourquoi aujourd'hui face à une crise économique de la surproduction et l'hyperconsommation, évoquant la fin d'un cycle, la différence entre les dépenses et les entrées vont malheureusement croître, et la question de l'équilibre financier va forcément se poser. Si cette crise perdure, notamment à cause des décisions autoritaires qui s'abattent sur notre pays, les conditions de la confiance ne sont absolument pas réunies.
On peut couvrir les déficits d'entrées fiscales une année par des emprunts sous le prétexte de la relance économique, mais on ne peut pas le faire tous les ans, d'autant plus que les dirigeants tablent sur un retour hypothétique de la croissance en 2021, ce qui reviendrait à pouvoir relancer une machine qui est déjà malade à plein régime. Cette impossibilité nous condamne à devoir faire face à la réalité de la situation qui risque bien de s'imposer à nous malgré nous.
Et c'est comme ceci, qu'un géant peut avoir des pieds d'argile, être à la vieille de cessations de paiement partiels, et si tout s'accélère comme une spirale plus générale, touchant alors l'ensemble d'un pays dont le filet de sécurité craquerait.
C'est pourquoi, il est venu le temps de séparer la logique d'affiliation générale et universelle de la logique de financement particulière et appelle à diversifier les sources de financement pour atteindre dans l'absolu le captage d'une ponction sur les flux financiers.
Sans quoi, les pieds d'argile pourrait bien s'effriter.
J'ai d'ailleurs écris un résumé libre, et augmenté de l'expérience accumulée des années, de mon doctorat en sciences de
l'éducation, soutenu en 2008 à Bordeaux "Entre culture et politique, concevoir l'armée et l'école entre 1936 et 1946 en France":
"Appréhender l'inconnu" car, la relation éducative est
toujours nouvelle et demande une adaptation constante pour sortir des
jugements et autres types classifiant et évaluateurs, qui mettent à mal
l'enseignement.
J'y développe donc les deux concepts de la "pédagogie différentielle" et de la "tendance".
1/ Le
premier concept marque la multitude des profils dans une interaction
apprenante.
2/ Le second s'oppose au concept d' "idéaltype" ou
"type-idéal", montrant qu'il est compliqué d'enfermer une personne dans
ces schémas souvent caricaturaux de la société pour développer un
enseignement respectueux de la personne apprenante (jeune comme adulte)
et du savoir.
Il
est courant de définir les menaces hybrides à travers les menaces
CBRN (chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires), ceci
entrant en effet dans une définition militaire des menaces, c’est
certainement la raison pour laquelle nous évoquons le concept de
« guerre hybride ».
Cette
façon de poser la question des menaces hybrides ne sépare pas les
menaces contre la société et les menaces contre l’Etat, ces deux
entités sont souvent réunies en une entité commune, définissant
par ce biais les menaces CBRN venant toujours de l’extérieur par
des forces étatiques ou non-étatiques.
Cette
réalité n’englobe pas l’ensemble de la réalité.
Comme
nous pouvons le constater ceci nous ramène constamment à une
lecture militaire des menaces hybrides alors que les menaces qui
pèsent sur la société sont plus larges que les CBRN, elles peuvent
être d’ordre économique, sociale, médiatique… et demandent pour
ce fait que nous comprenions et intégrons que l’Etat n’est pas
la société et inversement.
Quand
nous les séparons et quittons l’unique analyse militaire des
menaces hybrides, nous pouvons alors les définir comme « tout
ce qui menace la stabilité d’une société ».
Facile alors
de reconnaitre, qu’elles peuvent provenir en effet de l’extérieur,
être des CBRN, mais qu’elles peuvent aussi venir de l’intérieur,
être d’un autre Etat, d’une organisation quelconque, voire de
son propre Etat. Nous pourrions aussi dire qu'elles peuvent être volontaires ou non-volontaires, conséquences de choix industriels, économiques, par exemple; ouvrant ainsi de vraies possibilités d'analyse.
Et
c’est certainement ici, en élargissant la définition à son
maximum, que la définition de menace peut prendre tout son sens et
nous permettre de comprendre qu’une « menace » peut
être multiforme y compris dans son origine.
Le
champ des possibles devient par-là immense et nous permet ainsi de
donner du sens au terme de « menaces hybrides », là où
celui de « guerre » nous restreignait à la seule sphère
militaire.
Il
sera donc possible de discuter dans une analyse de l’ensemble des
critères, y compris dans les positions de nos propres Etats et
institutions internationales, et demandera d’y incorporer une
« dimension économique » et une « d’étude
politique », car l’information n’a de fiabilité que dans
la capacité que nous avons de la comparer et la croiser avec
d’autres.
Les
fausses informations, les propagandes, les manipulations peuvent
venir de partout, y compris de médias qui ont pignon sur rue.
Qu’est-ce
qui pousse à diffuser telle ou telle information ? Comment
circule les réseaux d’information ? Sont autant
d’interrogations qui interrogent toute personne qui réfléchit sur
les menaces hybrides, dans un domaine certes larges à première vue,
mais où le croisement des données, réduit très vite les
explications.
Ces menaces vont devenir de plus en plus pressentes dans la mesure aussi où nous vivons la fin d'une époque, donc de mutations et de changements importants.
Préciser
son objet d’étude, surtout lorsque l’on fait de l’anthropologie,
revient à montrer nos centres d’intérêt et permettre ainsi au
public d’interagir avec nos études et prises de position.
Il
est exact que cette matière (l’anthropologie) est constituée de
multiples sujets tous passionnants et très diversifiés qui
demandent un vrai travail pour assimiler les connaissances et
pouvoir en suite les transmettre.
De fait, nous ne pouvons pas traiter tous les sujets, d’où la nécessité de se spécialiser.
Durant
ma formation, en effet, j’ai dans un premier temps abordé l’étude
de l’organisation sociale en période de mutation.
Pour illustration, je m’étais intéressé aux
populations autochtones des régions du Grand Nord qui avaient
connues l’arrivée du capitalisme marchant, et comment en quelques
années celui-ci avait profondément réorganisé leur quotidien.
L’étude alors des jeux d’argent avait été pour moi une bonne entrée
pour finalement aborder cette mutation économique.
Très
vite, j’ai compris qu’il devenait compliqué de comprendre une
organisation sociale si nous ne comprenions pas comment la richesse
était produite et distribuée.
Je me suis donc concentré sous
différents biais (revenu d’insertion, politiques publiques,
fiscalité, décentralisation, production marchande, marché
financier…) à comprendre ce phénomène et en voir les impasses
comme les possibilités d’actions pour l’avenir.
J’ai
cru un moment, et j’en fais mon mea culpa, que l’écologie
pouvait devenir un sujet central dans ma réflexion pour agir, mais
je m’aperçois bien aujourd’hui que si nous voulons réussir à
mettre en place une gestion pérenne de nos sociétés, c’est-à-dire
en équilibre avec les capacités de la Terre, il faut en premier
résoudre la question du partage des ressources produites et lutter
contre la pauvreté, à l’origine de bien des maux de notre monde
moderne.
Or, les réponses se situent dans l’étude de la
production des richesses, et notamment du moyen d’échange et
d’acquisition de ses richesses.
Je
m’attache donc à me spécialiser sur ces questions tant
économique, juridique et financière que politique et sociale.
Présentation plus détaillée du texte "En quête de Discours, dialogue
avec des tribuns" 1. La
conviction, 2.La voix, 3. L'argumentaire, 4. Le silence, 5. L'intensité,
6. La volonté, 7. La thématique, 8. La forme, 9. L'avenir.
L’idée
d’une alternative politique grandit quand les régimes en places
confisquent les pouvoirs et les retournent, dans une multitude de
mesures oppressives, contre ceux-là mêmes qu’ils étaient censés
servir.
[...] Lorsque
le choix démocratique s’arrête aux seuls candidats qui auront la
capacité de se présenter, il suffit de contrôler cette capacité
et ce choix pour contrôler la démocratie.
[…]
Il faut avouer qu’[en France], nous vivons sur une illusion, celle
de l’élection présidentielle qui serait, à en croire les
théoriciens institutionnels, une discussion entre un homme (ou une
femme) et son peuple, et que cette personne élue serait au-dessus
des partis politiques. Cette idée, peut-être réelle (et encore,
pas totalement) pour le Général de Gaulle, se révèle être inadéquate pour ces successeurs qui tous sans exceptions
représentent bien le candidat d’une formation politique. Le
système des primaires de droite et de gauche a d’ailleurs validé
cet état de fait qui était déjà existant dans le passé. Nous
pouvons aussi nous rappeler comment la majorité à l’assemblée
nationale, lors des cohabitations, imposait la provenance du premier
ministre. Le Président était bien d’un clan et le chef du
gouvernement d’un autre puisque si l’idée d’un Président
au-dessus des partis avait été réelle, l’expression même de
« cohabitation » devenait vide de sens. En effet, comment
pouvons-nous être en cohabitation si nous sommes au-dessus de tous
les clans politiques ?
Tout
ceci signifie que les partis politiques ont toujours occupés une
place primordiale dans l’organisation de notre République et
d’autant plus avec l'idée d’un Président au-dessus de partis car,
la pratique nous a démontré que c’était faux.
Cette
illusion n’est en rien un détail car, depuis l’adoption du
quinquennat nous avons aligné le temps présidentiel et le temps
législatif. En terme simple, quand nous élisons le Président, issu
d’un clan politique, si ce clan obtient dans la foulée, ce qui est
souvent le cas, la majorité à l’Assemblée Nationale, nous avons
les mêmes élus durant 5 ans sans aucune possibilité pour les
citoyens de les juger, les évaluer et approuver par le vote dit
démocratique. En termes simples, ils ont, étant du même clan,
carte blanche pendant 5 années, … et ceci peut être très long.
Ne
reste plus alors à notre bon peuple que l’expression de la rue
puisqu’on ne les appellera plus aux urnes, au moins durant 5 ans.
Vous voyez comment rien que dans ce simple mécanisme, sans parler du
fonctionnement de nos institutions, la démocratie a été confisquée
d’autant plus que le choix des candidats et des clans sont à
fortiori très restreints et très contrôlés, si ce n’est par la
question financière ou les signatures des grands élus dans le cas
présidentiel qu’un candidat doit obtenir.
Dans
ces conditions, soyons assez clair, la démocratie n’a à peu près
aucune chance de s’exprimer et reste l’otage des bourreaux et des
bouffons. […]
[Car],
la démocratie, c’est en effet élire ses dirigeants, certes, ce
devrait être aussi le choix des candidats, mais surtout ce devrait
surtout être le contrôle des administrations par les citoyens. […]
Tout
ceci signifie que s’il est vrai qu’il est important que les
citoyens puissent par l’intermédiaire de référendum d’initiative
populaire décider de porter à débat et au vote des projets de loi,
il est encore plus important qu’ils puissent dans un fonctionnement
normal de nos institutions avoir un droit de regard et de
participation à la décision quotidienne car, c’est ici dans le
tous les jours que la démocratie s’applique et se vit.
Cette
idée demande une mutation complète de nos administrations et de ses
règles, qui vont devoir être simplifiés pour certaines et
supprimer pour d’autres, mais cette idée demande aussi que
l’administration accepte qu’elle n’est pas toute puissante et
que le pouvoir en démocratie se partage.
Cette
idée nous amène ainsi vers un principe, qui est pour moi
l’expression du véritable quatrième pouvoir, à côté des trois
traditionnels, le législatif, l’exécutif et le judiciaire, celui attribué aux citoyens, en lien direct avec le chef de
l’Etat, celui de la régulation.
Le
pouvoir de régulation est ce pouvoir qui permet aux trois autres de
s’organiser, communiquer et s’articuler sans jamais se confondre,
il a une place centrale en démocratie car, c’est lui qui la
détermine comme étant un régime démocratique puisqu’il vise à
l’implication des citoyens dans l’organisation de leur propre
société.
Certains
d’entre vous n’ont peut-être jamais entendu parlé de l’ouvrage
de Pierre Clastre, publié en 1974, La société contre l’Etat,
dans lequel il explique la décision de certaines sociétés de
refuser volontairement la formation d’un Etat pour gérer
l’organisation de leur quotidien, refusant par là même l’autorité
qui lui est attachée et cette idée de la supériorité d’une
structure qui soumettrait l’ensemble de la société à des lois
issues de l’arbitraire et non de la relation logique et nécessaire
au monde qui nous entoure.
C’est
bien en repensant à ce texte et toutes les réflexions qu’il a
généré que je me suis mis à percevoir un Etat actuel devenu
autonome de la société, des citoyens que nous sommes, et qui peut
non seulement se passer de notre assentiment, mais nous imposer des
règles contraires à l’intérêt d’un pays dans le seul but
d’entretenir la domination du groupe indistinct qui le dirige.
Ce
qui paraissait encore, il y a quelques temps de la fiction, devient
aujourd’hui une réalité, un groupuscule ultra minoritaire, sans
ancrage territorial, peut décider du destin de chacun d’entre
nous.
Ce
pouvoir ne peut adopter de fait qu’une logique violente contre la
société dans la mesure où celle-ci consciente de l’agression
qu’elle subit et des pertes constatables, naturellement va commencer
à se rebeller, tel un animal blessé, et va demander qu’on lui
rende son État. Car, certainement l’enjeu est précisément ici.
Groupe
ultra minoritaire qui se compose tant d’une majorité au pouvoir
que d’une opposition. Ne nous y trompons pas, et le confinement
nous l’a rappelé, ils étaient tous pour nous enfermer, et il n’y
avait au demeurant aucune distinction de fond entre tous ces clans.
Nous
assistons à l’émergence de groupes politiques dont leur programme
vise une application violente de leurs idées, avec l’absence forte
et constatable des citoyens. Il n’y a dans cette démarche aucune
remise en question de cette domination unanime des structures d’Etat,
de l’autocontrôle administratif et de cette volonté de diriger
par la force.
Car,
la force d’un Etat contrairement à ce que l’on entend
constamment n’est pas de dire ce que l’on doit faire ou pas
faire, mais devrait, sans aucun doute, permettre aux citoyens de dire
ce qu’il veut faire ou pas faire, dans le respect de la liberté de
choix de la personne.
C’est
en ce sens que l’Etat, outil qui devrait être au service des
citoyens et du pays pour en marquer les frontières, protéger ses
membres, devient un outil au service d’une idéologie unique
éclatée en plusieurs formations politiques qui jouent
médiatiquement à leur opposition. Qui ne peuvent d’ailleurs que
la jouer médiatiquement, puisque le fond est finalement identique.
Dans
cette affaire la place des médias est devenue d’ailleurs
considérable qui, à eux seuls, peuvent placer un pays dans la
torpeur et la paralysie, même sur la base d’informations
construites, voire d’une vision contestable, simplement en répétant
en boucle une idée qui finit par devenir obsessionnelle et réelle
du seul fait de la répéter.
Il
est pourtant important de rappeler qu’en France, il y a encore au
moment où j’écris une Sécurité Sociale distincte des structures
de l’Etat, même si ce dernier aimerait bien l’avaler ou la
privatiser. La distinction entre l’Etat et la Sécurité Sociale
est fondamentale.
La
Sécurité Sociale a une mission très précise divisée en quatre
branches : financer les retraites, la santé, soutenir les
familles et les plus fragiles, et aussi aider les personnes en très
grandes dépendances. Pour ce fait, la Sécurité Sociale perçoit
des cotisations, et non des impôts. La cotisation est une somme
d’argent dont on connait la destination. Un exemple simple est la
cotisation retraite pour financer les retraites. Ce socle sécurité
sociale pèse aujourd’hui autour de 500 milliards et est géré
paritairement, c’est-à-dire de façon collégiale entre les
partenaires sociaux, c’est-à-dire les représentants des salariés,
des patrons et de l’Etat. Il est vrai que l’on peut déplorer
l’absence de représentants d’associations citoyennes et
d’usagers de l’administration.
L’Etat
a une mission à l’origine bien différente qui se focalise autour
des pouvoirs régaliens, ceux de la défense, de la représentation
internationale et de la justice. Il est celui qui dirige des
administrations pour organiser les relations quotidiennes et
permettre aux développements de la société. C’est pourquoi,
l’Etat perçoit des impôts et des taxes, et non des cotisations,
car l’argent est indifférencié, c’est-à-dire que l’on ne
sait pas où il sera dépensé. Il y a donc ce que nous appelons
couramment une universalité et une autonomie budgétaire. Sauf,
qu’aujourd’hui, cet Etat cherche à contrôler, dans une volonté
de totalité, l’ensemble des paramètres de la société, y compris
de la Sécurité Sociale à laquelle il fait porter bien des dépenses
dont elles n’étaient pas chargée à l’origine. Il y une volonté
d’étatiser l’ensemble de la société. Là aussi, nous notons
comment le citoyen est absent des structures de décisions et de
contrôles des propres administrations qui ordonnent son quotidien.
Cette
distinction élémentaire, entre l’Etat et la Sécurité Sociale,
est fondamentale car, ces promoteurs connaissaient les appétits
étatiques et cherchaient donc à nous en prémunir.
Or,
tous les verrous sont en train d’exploser, et nous assistons à une
offensive dure du groupuscule qui contrôle le sommet de l’Etat,
comprenons-nous bien, l’ensemble du sommet y compris les
oppositions politiques, qui laissent sans défense, sans possibilité
de décider de son avenir, des choix quotidiens, les citoyens que
l’on présente, à longueur de journaux, comme des enfants,
immatures, qu’ils faut contraindre par la menace d’une sanction
afin de leur faire accomplir des actes contraires à leurs propres
intérêts. L’objectif est, me semble-t-il, simple et universel à
l’histoire, celle du contrôle des peuples dans l’unique but
qu’ils continuent de servir docilement ceux-là mêmes qui les
soumettent.
Il
y a me semble-t-il aujourd’hui qu’une seule véritable
opposition, celle des citoyens eux-mêmes, malheureusement trop
éclatés, pas réunifiés, mais qui refusent malgré tout
l’injonction étatique, et qui souhaitent pouvoir décider et
organiser eux-mêmes leur destin et leur quotidien, afin de
reconquérir leurs droits fondamentaux et constitutionnels.
Seule
cette libération permettra un éveil et une nouvelle organisation de
notre monde face à des enjeux planétaires, économiques et
environnementaux de premiers plans.
Non
seulement, nous devons nous faire confiance en tant que citoyens,
mais, en fond, nous ne pouvons pas dire que nous sommes assez
éveillés politiquement pour voter et expliquer parallèlement que
nous serions immatures pour décider de notre avenir. Soit nous
pouvons voter et décider, soit nous ne pouvons faire ni l’un et ni
l’autre.
La
reprise en main de la société par ceux-là mêmes qui la vivent,
c’est revenir à notre responsabilité citoyenne.
Or,
aujourd’hui, tout le monde dans l’hémicycle politique parle de
plan, de planification, de contrôle, de sanction, d’autorité, du
pouvoir de l’Etat contre la société, et non pas de partage,
d’organisation citoyenne, d’économie locale et intégrée au
vivant, de gestion partagée.
Le
pouvoir échappe aux citoyens pourtant premier concerné par les
décisions prises.
Nous
piétinons la liberté et la responsabilité individuelle alors même
qu’elle est à la base d’une organisation d’avenir et
salvatrice.
Nous
arrivons même à en oublier sa saveur. Dans ce sens le droit est
primordial, et l’éducation et la connaissance au cœur même de
notre éveil.
C’est
bien à la reprise en main de cet Etat contre la société, que les
citoyens doivent travailler, s’ils souhaitent avoir demain un
avenir qui respecte nos libertés élémentaires comme celles de
notre environnement.
Comme
l’a rappelé Alexis de Tocqueville dans son ouvrage L’Ancien
Régime et la Révolution, en son chapitre VIII : « A
plusieurs reprises, depuis que la Révolution a commencé jusqu’à
nos jours, on voit la passion de la liberté s’éteindre, puis
renaître, puis s’éteindre encore, et puis encore renaître ;
ainsi fera-t-elle longtemps, toujours inexpérimentée et mal réglée,
facile à décourager, à effrayer et à vaincre, superficielle et
passagère. Pendant ce même temps la passion pour l’égalité
occupe toujours le fond des cœurs dont elle s’est emparée la
première ; elle s’y retient aux sentiments qui nous sont les
plus chers ; tandis que l’une change sans cesse d’aspect,
diminue, grandit, se fortifie, se débilite suivant les évènements,
l’autre toujours la même, toujours attachée au même but avec la
même ardeur obstinée et souvent aveugle, prête à tout sacrifier à
ceux qui lui permettent de se satisfaire, et à fournir au
gouvernement qui veut la favoriser et la flatter les habitudes, les
idées, les lois dont le despotisme a besoin pour régner ».
Nous
prenons la mesure de la liberté que lorsque nous l’avons perdue et
que les compensations matérielles disparaissent aussi.
Absent
des instances de décision, les citoyens ont besoin de la mise en
place d’un pouvoir de régulation, dont la mission principale doit
être de leur permettre de participer à l’ensemble des instances
de décision et de contrôle.
Avoir pour idée d'étudier le phénomène des alternatives, nous met face à un sujet à première vue immense, en effet, il y a juste à penser pour s'en convaincre aux alternatives sociales, culturelles, techniques, scientifiques et bien évidemment politiques.
Ces alternatives demandent de revenir aux fondements de l'anthropologie avec des concepts comme l'ordre et le désordre, le lien, l'échange, la production des richesses, le relationnel, la souillure ou le propre, et la norme, celle que l'on transgresse, celle qui empêche ou permet d'aller de l'avant, et se demander comment elle tombe ou au contraire nait.
La connaissance des sciences juridiques peut être alors un atout indéniable pour aborder un sujet multifactoriel.
Avec les changements cruciaux pour notre planète que les hommes doivent prendre, mais aussi avec cette profusion de messages et d'idées, sans être forcément nouvelles, qui cherchent à changer l'ordre de nos sociétés.
Je n'oublie pas non plus le monde de la production qui a défaut de trouver une alternative pour créer de la richesse sans épuiser cette Terre, se trouve déjà confronté à la question fondamentale de l'écoulement des stocks et de la diminution accélérée des énergies fossiles.
Il va falloir comme le fait l'anthropologue étudier ces relations entre ces courants, ces personnes aussi, ces implications sociales.
Pourquoi finalement est-ce si difficile de créer une alternative ? Et qui la crée? Pourquoi un moment, elle prend forme et peut déjouer tous les pronostiques, prend tous les médias à revers.
Il y a aussi ces alternatives qui ne font que changer de couleur comme pour se remettre en scène, passant souvent du rouge au vert.
Je me lance donc un drôle de défi, celui d'aborder un sujet qui a certes traversé toute ma réflexion, mais qui va forcément prendre une autre dimension en le posant directement.