samedi 3 octobre 2020

La conquête d'une Alternative

 

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Une politique respectueuse des droits fondamentaux devient possible quand les citoyens y prennent part et peuvent y participer. Cette vérité demande forcément de développer un autre regard sur nos institutions, notamment sur le fait qu’elles puissent être contrôlées par des instances indépendantes dans lesquelles sont présents les citoyens. Car, l’indépendance, accompagnée de la fraternité, doit mettre un terme au pouvoir central de notre pays, dont la seule fonction devrait être de réguler l’ensemble et d’organiser cette République décentralisée dans laquelle le pouvoir citoyen pourrait s’exprimer librement et légalement. Car nous vivons la fin d’un système, celui de la surproduction qui va nous demander, non pas simplement une réforme constitutionnelle, mais de permettre à une révolution citoyenne d’avoir lieu, les solutions devant venir de la base une fois le bon constat posé.

Xavier Pérez, docteur en droit et docteur en sciences de l’éducation, anthropologue de formation, ancien réserviste citoyen, de l’IHEDN et d’associations citoyennes d’éducation et d’information, développe une pensée politique sur une alternative qui prenne en compte la réalité matérielle de nos économies. Il est l’auteur de deux doctorats, des ouvrages « L’économie intégrée au vivant », « L’autoritarisme ou le partage », « En quête de discours », « Partage, les dialogues dépolitisés » ou du blog « Terre Naissante ». Il est aussi dessinateur sous le nom de Pierre-et-Julien.

Sommaire

  1. Vous avez le droit

  2. Lorsque le choix démocratique

  3. Le pouvoir de régulation, le cœur de nos démocraties

  4. Le principe de sécurité sociale doit s’étendre à tous sans distinction

  5. Un Etat se transforme de l’intérieur et entraine la mutation de son économie

  6. L’initiative citoyenne et économique dans un monde post-travail

  7. La nature est au cœur de notre système économique

  8. La fiscalité, contrôlée par un peuple, doit agir en vue de soutenir ses initiatives

  9. L’Union Européenne ne peut exister que si elle ne porte pas atteinte à l’indépendance de ses membres

  10. L’énergie et la matière, une question que l’on ne peut plus ignorée

  11. L’éducation, de par les évolutions de la société, va forcément profondément muter vers une forme plus libre et partagée de l’enseignement

  12. Le transport, le logement, l’agriculture sont de fait liés par l’occupation qu’ils font du sol et de l’énergie

  13. La question internationale et celle de la défense ont toujours été liées et doivent être marquées par notre indépendance

  14. L’indépendance de la justice doit devenir palpable dans la réalité des institutions

  15. L’indépendance et la fraternité pour écrire une nouvelle page démocratique de notre histoire

vendredi 2 octobre 2020

La sécurité sociale, un géant aux pieds d'argile

Plus lourd financièrement que l'Etat lui-même, d'environ 500 milliards diffusés dans la société par des remboursements et paiements directement à des professionnels, des pensions directement versées aux assurés, des aides là-aussi directement versées, un système qui soutient notre économie, qui est devenu aux cours des années un socle et une condition sinequanone à la justice sociale et dont nous n'imaginons pas qu'un jour elle pourrait être en cessation de paiement, et pourtant cette hypothèse d'école demande plus que jamais aujourd'hui d'être prise au sérieux.

Il est vrai qu'un tel système, si lourd et massif, possède forcément ses dérives, que certains ont chiffré. On entend qu'il y aurait 5 millions d'affiliés fantômes, et la lutte contre ces dérives est certainement une nécessité, mais ce ne sont pas elles qui menaceraient la sécurité sociale de cessation de paiement, ou dit autrement de banqueroute. Elles l'handicapent, c'est certain, alourdissent ses dépenses, mais la "sécu" arrive encore à faire face. Non, ce qui la menace plus que jamais , c'est sa logique institutionnelle et sa base de financement. 

Née à la sortie de la guerre, alors que le plein emploi régnait et que la France était à reconstruire, elle a pu avoir le luxe de fixer des règles d'affiliation à l'époque qui allaient de soi, les salariés cotisés via leur employeur, et cette masse financière suffisait à pourvoir à l'ensemble des dépenses, moins nombreuses il est vrai.

Mais, les crises économiques se sont empilées et se multiplient à un rythme accéléré, les raisons de l'affiliation ne peuvent plus être le simple salarié, les dérogations se multiplient, les situations aussi, sans compter ceux qui ne connaitront peut-être jamais le travail ou un emploi salarié. Des systèmes à côté se développent pour les travailleurs non salariés, et nous mettons le doigt dans une complexification accélérée. Or, les droits à la sécurité sociale dépendra de votre affiliation. Cette insécurité, provenant de celle qui doit vous sécuriser, nous laisse à penser à l'arroseur arrosé.

La fragilité de ce géant découle de cette situation qui a fabriqué son financement sur la base des cotisations du travail et des entreprises, et qui a forcément craquelé et montré son insuffisance dans une situation sociale qui devient de plus en plus urgente et préoccupante. Il a fallu élargir ce financement avec la CSG, mais même celle-ci se révèle insuffisante. Toutes ces cotisations se réalisent en effet sur du capital fixe alors même que les plus grandes masses d'argent circulent dans les flux financiers, inaccessibles actuellement car, il faudrait pour les fiscaliser contrôler les capitaux ce qui est interdit dans le cadre actuel de l'Union Européenne.

C'est pourquoi aujourd'hui face à une crise économique de la surproduction et l'hyperconsommation, évoquant la fin d'un cycle, la différence entre les dépenses et les entrées vont malheureusement croître, et la question de l'équilibre financier va forcément se poser. Si cette crise perdure, notamment à cause des décisions autoritaires qui s'abattent sur notre pays, les conditions de la confiance ne sont absolument pas réunies. 
 
On peut couvrir les déficits d'entrées fiscales une année par des emprunts sous le prétexte de la relance économique, mais on ne peut pas le faire tous les ans, d'autant plus que les dirigeants tablent sur un retour hypothétique de la croissance en 2021, ce qui reviendrait à pouvoir relancer une machine qui est déjà malade à plein régime. Cette impossibilité nous condamne à devoir faire face à la réalité de la situation qui risque bien de s'imposer à nous malgré nous.
 
Et c'est comme ceci, qu'un géant peut avoir des pieds d'argile, être à la vieille de cessations de paiement partiels, et si tout s'accélère comme une spirale plus générale, touchant alors l'ensemble d'un pays dont le filet de sécurité craquerait.
 
C'est pourquoi, il est venu le temps de séparer la logique d'affiliation générale et universelle de la logique de financement particulière et appelle à diversifier les sources de financement pour atteindre dans l'absolu le captage d'une ponction sur les flux financiers.   

Sans quoi, les pieds d'argile pourrait bien s'effriter. 

Xavier Pérez
Dr. en droit
Dr. en sc. de l'éducation


lundi 21 septembre 2020

Education : "Appréhender l'inconnu"

Voir les autres ouvrages "ouvrages en science "

J'ai d'ailleurs écris un résumé libre, et augmenté de l'expérience accumulée des années, de mon doctorat en sciences de l'éducation, soutenu en 2008 à Bordeaux "Entre culture et politique, concevoir l'armée et l'école entre 1936 et 1946 en France": 

"Appréhender l'inconnu" car, la relation éducative est toujours nouvelle et demande une adaptation constante pour sortir des jugements et autres types classifiant et évaluateurs, qui mettent à mal l'enseignement.

J'y développe donc les deux concepts de la "pédagogie différentielle" et de la "tendance".
 
1/ Le premier concept marque la multitude des profils dans une interaction apprenante.
 
2/ Le second s'oppose au concept d' "idéaltype" ou "type-idéal", montrant qu'il est compliqué d'enfermer une personne dans ces schémas souvent caricaturaux de la société pour développer un enseignement respectueux de la personne apprenante (jeune comme adulte) et du savoir.
 
 

dimanche 20 septembre 2020

Pour une définition des menaces hybrides globale et précise à la fois

Il est courant de définir les menaces hybrides à travers les menaces CBRN (chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires), ceci entrant en effet dans une définition militaire des menaces, c’est certainement la raison pour laquelle nous évoquons le concept de « guerre hybride ».

Cette façon de poser la question des menaces hybrides ne sépare pas les menaces contre la société et les menaces contre l’Etat, ces deux entités sont souvent réunies en une entité commune, définissant par ce biais les menaces CBRN venant toujours de l’extérieur par des forces étatiques ou non-étatiques.

Cette réalité n’englobe pas l’ensemble de la réalité.

Comme nous pouvons le constater ceci nous ramène constamment à une lecture militaire des menaces hybrides alors que les menaces qui pèsent sur la société sont plus larges que les CBRN, elles peuvent être d’ordre économique, sociale, médiatique… et demandent pour ce fait que nous comprenions et intégrons que l’Etat n’est pas la société et inversement.

Quand nous les séparons et quittons l’unique analyse militaire des menaces hybrides, nous pouvons alors les définir comme « tout ce qui menace la stabilité d’une société ». 

Facile alors de reconnaitre, qu’elles peuvent provenir en effet de l’extérieur, être des CBRN, mais qu’elles peuvent aussi venir de l’intérieur, être d’un autre Etat, d’une organisation quelconque, voire de son propre Etat. Nous pourrions aussi dire qu'elles peuvent être volontaires ou non-volontaires, conséquences de choix industriels, économiques, par exemple; ouvrant ainsi de vraies possibilités d'analyse.

Et c’est certainement ici, en élargissant la définition à son maximum, que la définition de menace peut prendre tout son sens et nous permettre de comprendre qu’une « menace » peut être multiforme y compris dans son origine.

Le champ des possibles devient par-là immense et nous permet ainsi de donner du sens au terme de « menaces hybrides », là où celui de « guerre » nous restreignait à la seule sphère militaire.

Il sera donc possible de discuter dans une analyse de l’ensemble des critères, y compris dans les positions de nos propres Etats et institutions internationales, et demandera d’y incorporer une « dimension économique » et une « d’étude politique », car l’information n’a de fiabilité que dans la capacité que nous avons de la comparer et la croiser avec d’autres.

Les fausses informations, les propagandes, les manipulations peuvent venir de partout, y compris de médias qui ont pignon sur rue.

Qu’est-ce qui pousse à diffuser telle ou telle information ? Comment circule les réseaux d’information ? Sont autant d’interrogations qui interrogent toute personne qui réfléchit sur les menaces hybrides, dans un domaine certes larges à première vue, mais où le croisement des données, réduit très vite les explications. 

Ces menaces vont devenir de plus en plus pressentes dans la mesure aussi où nous vivons la fin d'une époque, donc de mutations et de changements importants.

 

 

vendredi 18 septembre 2020

De l'organisation sociale à la production des richesses

Préciser son objet d’étude, surtout lorsque l’on fait de l’anthropologie, revient à montrer nos centres d’intérêt et permettre ainsi au public d’interagir avec nos études et prises de position.

Il est exact que cette matière (l’anthropologie) est constituée de multiples sujets tous passionnants et très diversifiés qui demandent un vrai travail pour assimiler les connaissances et pouvoir en suite les transmettre. 

De fait, nous ne pouvons pas traiter tous les sujets, d’où la nécessité de se spécialiser.

Durant ma formation, en effet, j’ai dans un premier temps abordé l’étude de l’organisation sociale en période de mutation. 

Pour illustration, je m’étais intéressé aux populations autochtones des régions du Grand Nord qui avaient connues l’arrivée du capitalisme marchant, et comment en quelques années celui-ci avait profondément réorganisé leur quotidien. 

L’étude alors des jeux d’argent avait été pour moi une bonne entrée pour finalement aborder cette mutation économique.

Très vite, j’ai compris qu’il devenait compliqué de comprendre une organisation sociale si nous ne comprenions pas comment la richesse était produite et distribuée. 

Je me suis donc concentré sous différents biais (revenu d’insertion, politiques publiques, fiscalité, décentralisation, production marchande, marché financier…) à comprendre ce phénomène et en voir les impasses comme les possibilités d’actions pour l’avenir. 
 
J’ai cru un moment, et j’en fais mon mea culpa, que l’écologie pouvait devenir un sujet central dans ma réflexion pour agir, mais je m’aperçois bien aujourd’hui que si nous voulons réussir à mettre en place une gestion pérenne de nos sociétés, c’est-à-dire en équilibre avec les capacités de la Terre, il faut en premier résoudre la question du partage des ressources produites et lutter contre la pauvreté, à l’origine de bien des maux de notre monde moderne. 

Or, les réponses se situent dans l’étude de la production des richesses, et notamment du moyen d’échange et d’acquisition de ses richesses.

Je m’attache donc à me spécialiser sur ces questions tant économique, juridique et financière que politique et sociale.

mardi 1 septembre 2020

En quête de discours vidéos de présentation

Présentation plus détaillée du texte "En quête de Discours, dialogue avec des tribuns"
1. La conviction, 2.La voix, 3. L'argumentaire, 4. Le silence, 5. L'intensité, 6. La volonté, 7. La thématique, 8. La forme, 9. L'avenir.
 
Télécharger le texte ici :





lundi 24 août 2020

Penser l'alternative d'une démocratie en otage

L’idée d’une alternative politique grandit quand les régimes en places confisquent les pouvoirs et les retournent, dans une multitude de mesures oppressives, contre ceux-là mêmes qu’ils étaient censés servir.

[...] Lorsque le choix démocratique s’arrête aux seuls candidats qui auront la capacité de se présenter, il suffit de contrôler cette capacité et ce choix pour contrôler la démocratie.

[…] Il faut avouer qu’[en France], nous vivons sur une illusion, celle de l’élection présidentielle qui serait, à en croire les théoriciens institutionnels, une discussion entre un homme (ou une femme) et son peuple, et que cette personne élue serait au-dessus des partis politiques. Cette idée, peut-être réelle (et encore, pas totalement) pour le Général de Gaulle, se révèle être inadéquate pour ces successeurs qui tous sans exceptions représentent bien le candidat d’une formation politique. Le système des primaires de droite et de gauche a d’ailleurs validé cet état de fait qui était déjà existant dans le passé. Nous pouvons aussi nous rappeler comment la majorité à l’assemblée nationale, lors des cohabitations, imposait la provenance du premier ministre. Le Président était bien d’un clan et le chef du gouvernement d’un autre puisque si l’idée d’un Président au-dessus des partis avait été réelle, l’expression même de « cohabitation » devenait vide de sens. En effet, comment pouvons-nous être en cohabitation si nous sommes au-dessus de tous les clans politiques ?

Tout ceci signifie que les partis politiques ont toujours occupés une place primordiale dans l’organisation de notre République et d’autant plus avec l'idée d’un Président au-dessus de partis car, la pratique nous a démontré que c’était faux.

Cette illusion n’est en rien un détail car, depuis l’adoption du quinquennat nous avons aligné le temps présidentiel et le temps législatif. En terme simple, quand nous élisons le Président, issu d’un clan politique, si ce clan obtient dans la foulée, ce qui est souvent le cas, la majorité à l’Assemblée Nationale, nous avons les mêmes élus durant 5 ans sans aucune possibilité pour les citoyens de les juger, les évaluer et approuver par le vote dit démocratique. En termes simples, ils ont, étant du même clan, carte blanche pendant 5 années, … et ceci peut être très long.

Ne reste plus alors à notre bon peuple que l’expression de la rue puisqu’on ne les appellera plus aux urnes, au moins durant 5 ans. Vous voyez comment rien que dans ce simple mécanisme, sans parler du fonctionnement de nos institutions, la démocratie a été confisquée d’autant plus que le choix des candidats et des clans sont à fortiori très restreints et très contrôlés, si ce n’est par la question financière ou les signatures des grands élus dans le cas présidentiel qu’un candidat doit obtenir.

Dans ces conditions, soyons assez clair, la démocratie n’a à peu près aucune chance de s’exprimer et reste l’otage des bourreaux et des bouffons. […]

[Car], la démocratie, c’est en effet élire ses dirigeants, certes, ce devrait être aussi le choix des candidats, mais surtout ce devrait surtout être le contrôle des administrations par les citoyens. […]

Tout ceci signifie que s’il est vrai qu’il est important que les citoyens puissent par l’intermédiaire de référendum d’initiative populaire décider de porter à débat et au vote des projets de loi, il est encore plus important qu’ils puissent dans un fonctionnement normal de nos institutions avoir un droit de regard et de participation à la décision quotidienne car, c’est ici dans le tous les jours que la démocratie s’applique et se vit.

Cette idée demande une mutation complète de nos administrations et de ses règles, qui vont devoir être simplifiés pour certaines et supprimer pour d’autres, mais cette idée demande aussi que l’administration accepte qu’elle n’est pas toute puissante et que le pouvoir en démocratie se partage.

Cette idée nous amène ainsi vers un principe, qui est pour moi l’expression du véritable quatrième pouvoir, à côté des trois traditionnels, le législatif, l’exécutif et le judiciaire, celui attribué aux citoyens, en lien direct avec le chef de l’Etat, celui de la régulation.

Le pouvoir de régulation est ce pouvoir qui permet aux trois autres de s’organiser, communiquer et s’articuler sans jamais se confondre, il a une place centrale en démocratie car, c’est lui qui la détermine comme étant un régime démocratique puisqu’il vise à l’implication des citoyens dans l’organisation de leur propre société. 

[...]

 

jeudi 23 juillet 2020

L'Etat contre la société


Certains d’entre vous n’ont peut-être jamais entendu parlé de l’ouvrage de Pierre Clastre, publié en 1974, La société contre l’Etat, dans lequel il explique la décision de certaines sociétés de refuser volontairement la formation d’un Etat pour gérer l’organisation de leur quotidien, refusant par là même l’autorité qui lui est attachée et cette idée de la supériorité d’une structure qui soumettrait l’ensemble de la société à des lois issues de l’arbitraire et non de la relation logique et nécessaire au monde qui nous entoure.
 
C’est bien en repensant à ce texte et toutes les réflexions qu’il a généré que je me suis mis à percevoir un Etat actuel devenu autonome de la société, des citoyens que nous sommes, et qui peut non seulement se passer de notre assentiment, mais nous imposer des règles contraires à l’intérêt d’un pays dans le seul but d’entretenir la domination du groupe indistinct qui le dirige. 
 
Ce qui paraissait encore, il y a quelques temps de la fiction, devient aujourd’hui une réalité, un groupuscule ultra minoritaire, sans ancrage territorial, peut décider du destin de chacun d’entre nous. 
 
Ce pouvoir ne peut adopter de fait qu’une logique violente contre la société dans la mesure où celle-ci consciente de l’agression qu’elle subit et des pertes constatables, naturellement va commencer à se rebeller, tel un animal blessé, et va demander qu’on lui rende son État. Car, certainement l’enjeu est précisément ici. 
 
Groupe ultra minoritaire qui se compose tant d’une majorité au pouvoir que d’une opposition. Ne nous y trompons pas, et le confinement nous l’a rappelé, ils étaient tous pour nous enfermer, et il n’y avait au demeurant aucune distinction de fond entre tous ces clans.
 
Nous assistons à l’émergence de groupes politiques dont leur programme vise une application violente de leurs idées, avec l’absence forte et constatable des citoyens. Il n’y a dans cette démarche aucune remise en question de cette domination unanime des structures d’Etat, de l’autocontrôle administratif et de cette volonté de diriger par la force. 
 
Car, la force d’un Etat contrairement à ce que l’on entend constamment n’est pas de dire ce que l’on doit faire ou pas faire, mais devrait, sans aucun doute, permettre aux citoyens de dire ce qu’il veut faire ou pas faire, dans le respect de la liberté de choix de la personne.

C’est en ce sens que l’Etat, outil qui devrait être au service des citoyens et du pays pour en marquer les frontières, protéger ses membres, devient un outil au service d’une idéologie unique éclatée en plusieurs formations politiques qui jouent médiatiquement à leur opposition. Qui ne peuvent d’ailleurs que la jouer médiatiquement, puisque le fond est finalement identique. 
 
Dans cette affaire la place des médias est devenue d’ailleurs considérable qui, à eux seuls, peuvent placer un pays dans la torpeur et la paralysie, même sur la base d’informations construites, voire d’une vision contestable, simplement en répétant en boucle une idée qui finit par devenir obsessionnelle et réelle du seul fait de la répéter. 
 
Il est pourtant important de rappeler qu’en France, il y a encore au moment où j’écris une Sécurité Sociale distincte des structures de l’Etat, même si ce dernier aimerait bien l’avaler ou la privatiser. La distinction entre l’Etat et la Sécurité Sociale est fondamentale. 
 
La Sécurité Sociale a une mission très précise divisée en quatre branches : financer les retraites, la santé, soutenir les familles et les plus fragiles, et aussi aider les personnes en très grandes dépendances. Pour ce fait, la Sécurité Sociale perçoit des cotisations, et non des impôts. La cotisation est une somme d’argent dont on connait la destination. Un exemple simple est la cotisation retraite pour financer les retraites. Ce socle sécurité sociale pèse aujourd’hui autour de 500 milliards et est géré paritairement, c’est-à-dire de façon collégiale entre les partenaires sociaux, c’est-à-dire les représentants des salariés, des patrons et de l’Etat. Il est vrai que l’on peut déplorer l’absence de représentants d’associations citoyennes et d’usagers de l’administration.

L’Etat a une mission à l’origine bien différente qui se focalise autour des pouvoirs régaliens, ceux de la défense, de la représentation internationale et de la justice. Il est celui qui dirige des administrations pour organiser les relations quotidiennes et permettre aux développements de la société. C’est pourquoi, l’Etat perçoit des impôts et des taxes, et non des cotisations, car l’argent est indifférencié, c’est-à-dire que l’on ne sait pas où il sera dépensé. Il y a donc ce que nous appelons couramment une universalité et une autonomie budgétaire. Sauf, qu’aujourd’hui, cet Etat cherche à contrôler, dans une volonté de totalité, l’ensemble des paramètres de la société, y compris de la Sécurité Sociale à laquelle il fait porter bien des dépenses dont elles n’étaient pas chargée à l’origine. Il y une volonté d’étatiser l’ensemble de la société. Là aussi, nous notons comment le citoyen est absent des structures de décisions et de contrôles des propres administrations qui ordonnent son quotidien.

Cette distinction élémentaire, entre l’Etat et la Sécurité Sociale, est fondamentale car, ces promoteurs connaissaient les appétits étatiques et cherchaient donc à nous en prémunir. 
 
Or, tous les verrous sont en train d’exploser, et nous assistons à une offensive dure du groupuscule qui contrôle le sommet de l’Etat, comprenons-nous bien, l’ensemble du sommet y compris les oppositions politiques, qui laissent sans défense, sans possibilité de décider de son avenir, des choix quotidiens, les citoyens que l’on présente, à longueur de journaux, comme des enfants, immatures, qu’ils faut contraindre par la menace d’une sanction afin de leur faire accomplir des actes contraires à leurs propres intérêts. L’objectif est, me semble-t-il, simple et universel à l’histoire, celle du contrôle des peuples dans l’unique but qu’ils continuent de servir docilement ceux-là mêmes qui les soumettent.

Il y a me semble-t-il aujourd’hui qu’une seule véritable opposition, celle des citoyens eux-mêmes, malheureusement trop éclatés, pas réunifiés, mais qui refusent malgré tout l’injonction étatique, et qui souhaitent pouvoir décider et organiser eux-mêmes leur destin et leur quotidien, afin de reconquérir leurs droits fondamentaux et constitutionnels. 
 
Seule cette libération permettra un éveil et une nouvelle organisation de notre monde face à des enjeux planétaires, économiques et environnementaux de premiers plans. 
 
Non seulement, nous devons nous faire confiance en tant que citoyens, mais, en fond, nous ne pouvons pas dire que nous sommes assez éveillés politiquement pour voter et expliquer parallèlement que nous serions immatures pour décider de notre avenir. Soit nous pouvons voter et décider, soit nous ne pouvons faire ni l’un et ni l’autre. 
 
La reprise en main de la société par ceux-là mêmes qui la vivent, c’est revenir à notre responsabilité citoyenne.

Or, aujourd’hui, tout le monde dans l’hémicycle politique parle de plan, de planification, de contrôle, de sanction, d’autorité, du pouvoir de l’Etat contre la société, et non pas de partage, d’organisation citoyenne, d’économie locale et intégrée au vivant, de gestion partagée. 
 
Le pouvoir échappe aux citoyens pourtant premier concerné par les décisions prises.
Nous piétinons la liberté et la responsabilité individuelle alors même qu’elle est à la base d’une organisation d’avenir et salvatrice. 
 
Nous arrivons même à en oublier sa saveur. Dans ce sens le droit est primordial, et l’éducation et la connaissance au cœur même de notre éveil.

C’est bien à la reprise en main de cet Etat contre la société, que les citoyens doivent travailler, s’ils souhaitent avoir demain un avenir qui respecte nos libertés élémentaires comme celles de notre environnement. 
 
Comme l’a rappelé Alexis de Tocqueville dans son ouvrage L’Ancien Régime et la Révolution, en son chapitre VIII : « A plusieurs reprises, depuis que la Révolution a commencé jusqu’à nos jours, on voit la passion de la liberté s’éteindre, puis renaître, puis s’éteindre encore, et puis encore renaître ; ainsi fera-t-elle longtemps, toujours inexpérimentée et mal réglée, facile à décourager, à effrayer et à vaincre, superficielle et passagère. Pendant ce même temps la passion pour l’égalité occupe toujours le fond des cœurs dont elle s’est emparée la première ; elle s’y retient aux sentiments qui nous sont les plus chers ; tandis que l’une change sans cesse d’aspect, diminue, grandit, se fortifie, se débilite suivant les évènements, l’autre toujours la même, toujours attachée au même but avec la même ardeur obstinée et souvent aveugle, prête à tout sacrifier à ceux qui lui permettent de se satisfaire, et à fournir au gouvernement qui veut la favoriser et la flatter les habitudes, les idées, les lois dont le despotisme a besoin pour régner ».

Nous prenons la mesure de la liberté que lorsque nous l’avons perdue et que les compensations matérielles disparaissent aussi. 
 
Absent des instances de décision, les citoyens ont besoin de la mise en place d’un pouvoir de régulation, dont la mission principale doit être de leur permettre de participer à l’ensemble des instances de décision et de contrôle. 
 
Voir Aussi :
 

vendredi 3 juillet 2020

Etudier les alternatives

Avoir pour idée d'étudier le phénomène des alternatives, nous met face à un sujet à première vue immense, en effet, il y a juste à penser pour s'en convaincre aux alternatives sociales, culturelles, techniques, scientifiques et bien évidemment politiques.

Ces alternatives demandent de revenir aux fondements de l'anthropologie avec des concepts comme l'ordre et le désordre, le lien, l'échange, la production des richesses, le relationnel, la souillure ou le propre, et la norme, celle que l'on transgresse, celle qui empêche ou permet d'aller de l'avant, et se demander comment elle tombe ou au contraire nait. 

La connaissance des sciences juridiques peut être alors un atout indéniable pour aborder un sujet multifactoriel.

Avec les changements cruciaux pour notre planète que les hommes doivent prendre, mais aussi avec cette profusion de messages et d'idées, sans être forcément nouvelles, qui cherchent à changer l'ordre de nos sociétés.

Je n'oublie pas non plus le monde de la production qui a défaut de trouver une alternative pour créer de la richesse sans épuiser cette Terre, se trouve déjà confronté à la question fondamentale de l'écoulement des stocks et de la diminution accélérée des énergies fossiles.  

Il va falloir comme le fait l'anthropologue étudier ces relations entre ces courants, ces personnes aussi, ces implications sociales. 

Pourquoi finalement est-ce si difficile de créer une alternative ? Et qui la crée? Pourquoi un moment, elle prend forme et peut déjouer tous les pronostiques, prend tous les médias à revers.

Il y a aussi ces alternatives qui ne font que changer de couleur comme pour se remettre en scène, passant souvent du rouge au vert. 

Je me lance donc un drôle de défi, celui d'aborder un sujet qui a certes traversé toute ma réflexion, mais qui va forcément prendre une autre dimension en le posant directement.